{"id":75,"date":"2005-12-06T16:53:32","date_gmt":"2005-12-06T15:53:32","guid":{"rendered":"http:\/\/baupin.fr\/michel\/?p=75"},"modified":"2014-08-03T08:51:40","modified_gmt":"2014-08-03T06:51:40","slug":"les-fondements-ethiques-du-liberalisme","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/michel.baupin.fr\/?p=75","title":{"rendered":"Les fondements \u00e9thiques du lib\u00e9ralisme"},"content":{"rendered":"<p>Pour montrer que le lib\u00e9ralisme a besoin d\u2019une \u00e9thique pour exister et pour pr\u00e9senter quelques \u00e9l\u00e9ments de celle-ci, j\u2019ai con\u00e7u cette communication en trois parties. La premi\u00e8re est une pr\u00e9sentation g\u00e9n\u00e9rale du probl\u00e8me pos\u00e9. La deuxi\u00e8me propose un diagnostic du rejet du lib\u00e9ralisme par faute d\u2019une \u00e9thique qui soit pertinente avec le projet qu\u2019il propose. La troisi\u00e8me comprend quelques \u00e9l\u00e9ments d\u2019\u00e9thique lib\u00e9rale ainsi qu\u2019un exemple de pi\u00e8ge relatif au fait que pour proposer un lib\u00e9ralisme original, nous devons utiliser un vocabulaire qui ne lui est pas favorable du tout en donnant un sens nouveau \u00e0 des mots anciens et tellement utilis\u00e9s dans le langage courant qu\u2019il est difficile de remettre en cause leur sens commun.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p align=\"center\"><b><span style=\"text-decoration: underline;\">I &#8211; Pr\u00e9sentation g\u00e9n\u00e9rale<\/span><\/b><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Dans un livre paru l\u2019an dernier et intitul\u00e9 \u00ab\u00a0Le capitalisme est-il moral\u00a0?\u00a0\u00bb, son auteur, le philosophe fran\u00e7ais Andr\u00e9 Comte-Sponville, soutient la th\u00e8se que le capitalisme n\u2019est en soi ni moral, ni immoral mais, simplement amoral. Pour cela, il compare la th\u00e9orie lib\u00e9rale appliqu\u00e9e \u00e0 l\u2019activit\u00e9 \u00e9conomique (qu\u2019il appelle \u00ab\u00a0science \u00e9conomique\u00a0\u00bb) \u00e0 la biologie qui n\u2019a pas \u00e0 formuler une th\u00e9orie propre \u00e0 rendre admissible ou non le clonage humain car il s\u2019agit de choix soci\u00e9taux. Selon lui, comme la biologie n\u2019est pas capable de fixer une limite au clonage reproductif humain, la th\u00e9orie lib\u00e9rale n\u2019est pas capable non plus de d\u00e9terminer dans quelle mesure la loi du march\u00e9 impose seule, selon un m\u00e9canisme autor\u00e9gulateur, son emprise l\u00e0 o\u00f9 elle s\u2019applique. Elle ne serait pas capable non plus de d\u00e9limiter le champ du march\u00e9 au risque d\u2019y inclure des activit\u00e9s comme la prostitution ou la vente de drogues, etc. Pour ce philosophe, au dessus du march\u00e9, il y a la d\u00e9mocratie et le droit, seules instances comp\u00e9tentes pour traiter ces empi\u00e8tements inadmissibles du march\u00e9 sur nos vies.<\/p>\n<p>Il n\u2019est pas difficile de s\u2019apercevoir que l\u2019analogie entre la biologie et la th\u00e9orie lib\u00e9rale n\u2019a pas de sens puisque ces deux sciences ne rel\u00e8vent pas du m\u00eame ordre. Contrairement \u00e0 la biologie qui, n\u2019\u00e9tant pas une science humaine, n\u2019a pas pour objet de traiter des actions accomplies par les hommes, la th\u00e9orie lib\u00e9rale est, elle, une science humaine qui propose un mod\u00e8le de soci\u00e9t\u00e9 vers lequel devrait tendre la soci\u00e9t\u00e9 r\u00e9elle. Ainsi, la conception de la th\u00e9orie lib\u00e9rale par Andr\u00e9 Comte-Sponville est totalement erron\u00e9e, ce qui a pour cons\u00e9quence que son sujet sur la morale du capitalisme lui \u00e9chappe totalement.<\/p>\n<p>Malheureusement, cette conception erron\u00e9e est tr\u00e8s courante aussi bien chez des partisans de droite que chez ceux de gauche ou du centre. Par une sorte de r\u00e9action inconsciente, ils attribuent trop souvent au lib\u00e9ralisme la cause de tous nos probl\u00e8mes\u00a0:\u00a0le travail des enfants dans les pays sous-d\u00e9velopp\u00e9s, le ch\u00f4mage, la bulle financi\u00e8re, la grippe aviaire, les modifications climatiques, le p\u00e9trolier pollueur des c\u00f4tes maritimes et m\u00eame l\u2019\u00e9chec de l\u2019\u00e9quipe de France \u00e0 la coupe du monde de football de 2002 sans oublier la volont\u00e9 de rachat de Danone ou la privatisation d\u2019EDF, etc. Pour eux, tous ces fl\u00e9aux n\u2019ont qu\u2019une seule et m\u00eame cause\u00a0: le lib\u00e9ralisme et ses ogres assoiff\u00e9s du sang des honn\u00eates gens et enrag\u00e9s \u00e0 d\u00e9truire notre pr\u00e9cieux mod\u00e8le social et ses millions de ch\u00f4meurs. M\u00eame les cadres sont touch\u00e9s par un sentiment de pr\u00e9carit\u00e9 qu\u2019ils attribuent au lib\u00e9ralisme. Ce refus du lib\u00e9ralisme est souvent fond\u00e9 sur des amalgames id\u00e9ologiques et des erreurs de jugement qui portent \u00e0 le consid\u00e9rer comme un ensemble de pratiques nuisibles au peuple et immorales de par les effets qu\u2019elles engendrent (loi du plus fort, assimilation du march\u00e9 \u00e0 une comp\u00e9tition sportive qui laisse sur la touche les moins bons\u2026).<\/p>\n<p>Si le lib\u00e9ralisme est ainsi accus\u00e9 de maux qui ne le concernent pas, c\u2019est bien parce que dans sa forme \u00e9conomique appel\u00e9e \u00ab\u00a0capitalisme\u00a0\u00bb, il ne pr\u00e9sente plus depuis le d\u00e9but des ann\u00e9es 1980 les caract\u00e9ristiques d\u2019une morale irr\u00e9prochable. Et si les vrais lib\u00e9raux soutiennent que l\u2019\u00e9conomie de march\u00e9 est le mieux \u00e0 m\u00eame de servir le bien-\u00eatre de toute la soci\u00e9t\u00e9, encore faut-il qu\u2019elle ne soit pas pervertie par tous les changements consid\u00e9rables qui vont s\u2019acc\u00e9l\u00e9rant depuis 25 ans dans les soci\u00e9t\u00e9s industrialis\u00e9es. C\u2019est ainsi que la reconstitution des monopoles priv\u00e9s au moyen des fusions et acquisitions a entra\u00een\u00e9 la quasi-disparition de l\u2019\u00e9thique des affaires malgr\u00e9 la pression de plus en plus forte des juges dans celles-ci.<\/p>\n<p>Par exemple, sans chercher \u00e0 stigmatiser les dirigeants d\u2019entreprise dont le lib\u00e9ralisme a grand besoin bien s\u00fbr, certains d\u2019entre eux, des \u00ab\u00a0super-PDG\u00a0\u00bb anciens comme actuels, le plus souvent \u00e0 la t\u00eate d\u2019entreprises faisant partie du CAC 40, ne se sentent pas responsables des catastrophes que leur entreprise provoque. On ne les voit pas d\u00e9missionner, ne serait-ce qu\u2019au nom de l\u2019honneur, dans de telles circonstances\u00a0: Thierry Desmarest, le PDG de TotalFinaElf, a-t-il d\u00e9missionn\u00e9 apr\u00e8s le naufrage de l\u2019Erika en d\u00e9cembre 1999\u00a0? Et apr\u00e8s la catastrophe de l\u2019AZF, en septembre 2001, qu\u2019a-t-il fait\u00a0? Rien, il est toujours \u00e0 son poste. Et que dire du comportement de Jean-Marie Messier quand il dirigeait Vivendi\u00a0? Lorsque des hommes qui sont responsables de la vie de milliers d\u2019autres ont oubli\u00e9 le sens de l\u2019honneur, le respect de cette vie ne peut que devenir pour eux une notion tr\u00e8s relative car ils rel\u00e8guent au second rang leurs obligations \u00e0 l\u2019\u00e9gard de leurs salari\u00e9s et de leurs clients au b\u00e9n\u00e9fice de leurs actionnaires. Pour cela, ces quelques dirigeants, \u00e0 la morale douteuse, affirment que dans le monde des affaires, le profit, tel qu\u2019on l\u2019entend aujourd\u2019hui et non tel qu\u2019il est d\u00e9fini par la pens\u00e9e lib\u00e9rale, est la finalit\u00e9 de l\u2019activit\u00e9, ce qui jette le plus total discr\u00e9dit sur le lib\u00e9ralisme. Et il semble \u00e9vident \u00e0 contrario que si le monde des affaires voit comme une vertu les comportements des dirigeants qui favorisent prioritairement l\u2019actionnaire au risque de passer pour \u00e9go\u00efstes et anti-sociaux, l\u2019honneur n\u2019a plus gu\u00e8re de sens.<\/p>\n<p>Or, l\u2019objet propre du lib\u00e9ralisme, quand il n\u2019est pas transform\u00e9 par ces pratiques douteuses, a pour point de d\u00e9part la formulation des conditions \u00e0 r\u00e9unir pour que, sur un march\u00e9, chaque transaction entre deux personnes puisse devenir un \u00e9change. Comme l\u2019a d\u00e9j\u00e0 montr\u00e9 Aristote, dans le mot \u00ab\u00e9change\u00bb, il y a une id\u00e9e de \u00abchange\u00bb et une autre d\u2019\u00ab\u00e9galit\u00e9\u00bb. Autrement dit, chaque co\u00e9changiste ne doit recevoir ni plus, ni moins, qu\u2019aucun des autres\u00a0:\u00a0\u00ab\u00a0l\u2019\u00e9change ne peut avoir lieu sans \u00e9galit\u00e9, ni l\u2019\u00e9galit\u00e9 sans commensurabilit\u00e9\u00a0\u00bb. <b>Cette \u00e9galit\u00e9 entre les co\u00e9changistes est une condition n\u00e9cessaire \u00e0 leur libert\u00e9<\/b>. Faute de quoi, on ne se trouve plus en pr\u00e9sence d\u2019une relation d\u2019\u00e9change mais d\u2019une relation o\u00f9 l\u2019un des co\u00e9changistes peut dicter ses conditions \u00e0 l\u2019autre, \u00e9tablissant ainsi un lien de subordination qui annihile l\u2019id\u00e9e m\u00eame de libert\u00e9.<\/p>\n<p>Ce retour \u00e0 l\u2019origine du concept d\u2019\u00e9change, souvent oubli\u00e9 de nos jours, montre que pour redonner vie \u00e0 la pens\u00e9e lib\u00e9rale, il est n\u00e9cessaire de plonger dans ses racines et dans l\u2019histoire afin de voir pourquoi elle est devenue, aujourd\u2019hui, n\u2019importe quoi. Et on ne peut se contenter d\u2019une explication qui se bornerait \u00e0 constater que c\u2019est parce que les hommes politiques de droite comme du centre se sont d\u00e9rob\u00e9s devant la mission que le lib\u00e9ralisme leur imposait de r\u00e9aliser\u00a0: assumer en termes politiques la grande mutation lib\u00e9rale du monde. Cela, pourtant, aurait d\u00fb \u00eatre d\u2019autant plus facile \u00e0 r\u00e9aliser pour eux que ce n\u2019est pas d\u2019aujourd\u2019hui que la logique lib\u00e9rale s\u2019impose d\u00e8s qu\u2019il s\u2019agit de formuler une politique viable dans un cadre d\u00e9mocratique. Ce fut le cas de la signature, en mars 1957, sous un gouvernement de gauche, du Trait\u00e9 de Rome qui est juridiquement, \u00e9conomiquement et politiquement autrement plus solide et plus lib\u00e9ral que tout ce qui a \u00e9t\u00e9 ajout\u00e9 depuis, notamment l\u2019Acte unique qui a introduit le flou juridique et l\u2019irresponsabilit\u00e9 politique dans la construction europ\u00e9enne.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p align=\"center\"><b><span style=\"text-decoration: underline;\">II \u2013 Diagnostic du rejet du lib\u00e9ralisme<\/span><\/b><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Je conduirai ce diagnostic \u00e0 partir des quatre grandes cat\u00e9gories de causes qui expliquent le rejet du lib\u00e9ralisme\u00a0: historiques, politiques, th\u00e9oriques et id\u00e9ologiques. <b><\/b><\/p>\n<p><b><span style=\"text-decoration: underline;\">\u00a0<\/span><\/b><\/p>\n<p><b><span style=\"text-decoration: underline;\">Causes historiques\u00a0:<\/span><\/b> le lib\u00e9ralisme est \u00e0 la fois un <b>discours sur la libert\u00e9<\/b> sous toutes ses formes, politiques, \u00e9conomiques et religieuses &#8211; en privil\u00e9giant toutefois la libert\u00e9 d\u2019entreprendre &#8211; et une <b>organisation particuli\u00e8re de la soci\u00e9t\u00e9<\/b> fond\u00e9e sur les droits de l\u2019individu sans lesquels ne peuvent se concevoir la libert\u00e9 de s\u2019exprimer dans la presse, celle de travailler, celle de fonder des entreprises&#8230;.. (le lib\u00e9ralisme est historiquement la protection du citoyen contre l&rsquo;arbitraire et les abus de pouvoir \u00e0 travers la proclamation des Droits de l&rsquo;Homme).<\/p>\n<p>Comme <b>discours sur la libert\u00e9<\/b>, c\u2019est la th\u00e9orie lib\u00e9rale qui constitue son expression la plus achev\u00e9e. Elle est \u00e0 la fois explicative des ph\u00e9nom\u00e8nes r\u00e9els et normative en ce sens qu\u2019elle indique sur vers quoi il faut tendre pour que les principes de responsabilit\u00e9 et de libert\u00e9 fassent sentir en permanence leurs effets.<\/p>\n<p>Comme <b>organisation particuli\u00e8re de la soci\u00e9t\u00e9<\/b>, le lib\u00e9ralisme propose l\u2019application du principe de concurrence qui appara\u00eet alors comme une mani\u00e8re de mettre en relation les individus les uns avec les autres, c\u2019est-\u00e0-dire comme une organisation qui favorise, \u00e0 toutes les \u00e9poques, toutes les cat\u00e9gories de la population dont, bien s\u00fbr et avant tout, celles qui sont les plus d\u00e9favoris\u00e9es.<\/p>\n<p>Si le lib\u00e9ralisme comme ligne politique triomphe au d\u00e9but du 19<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle, c\u2019est parce que la conception du monde qui le sous-tend avec, au centre, cet individu \u00e0 qui nul ne conteste les pouvoirs, s\u2019est attribu\u00e9e progressivement au cours des si\u00e8cles pr\u00e9c\u00e9dents le monopole de la Raison, devenant une \u00e9vidence qui n\u2019est plus contest\u00e9e par personne. Il est alors possible d\u2019en d\u00e9velopper les id\u00e9es sans avoir besoin de revenir \u00e0 chaque fois aux hypoth\u00e8ses de base. Le lib\u00e9ralisme s\u2019imposant quand tout est fini, il a peu \u00e0 d\u00e9montrer mais plut\u00f4t \u00e0 tracer des limites. Il a en effet derri\u00e8re lui un double pass\u00e9\u00a0:\u00a0d\u2019une part, des luttes th\u00e9oriques qui ont diffus\u00e9 les conceptions fondamentales sur lesquelles il s\u2019appuie\u00a0; d\u2019autre part la R\u00e9volution et l\u2019Empire, qui en ont donn\u00e9 des illustrations que l\u2019on s\u2019accorde \u00e0 juger mauvaises telles que les journ\u00e9es insurrectionnelles, la Terreur, les guerres, etc., autant de souvenirs qui p\u00e8sent sur l\u2019id\u00e9ologie du 19<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle. Il lui faut donc r\u00e9ussir une double entreprise qu\u2019il m\u00e8nera \u00e0 bien jusqu\u2019\u00e0 la crise de 1929\u00a0:<\/p>\n<p>n\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 conserver l\u2019essentiel de ce qui a \u00e9t\u00e9 acquis et en poursuivre la diffusion,<\/p>\n<p>n\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 \u00e9viter les inconv\u00e9nients politiques et \u00e9conomiques li\u00e9s \u00e0 certaines th\u00e8ses.<\/p>\n<p>Gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019application des id\u00e9es lib\u00e9rales, le 19<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle a connu une croissance \u00e9conomique stable et l\u2019adoption de nombreuses lois sociales et syndicales.<\/p>\n<p>Or, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, le Conseil de la R\u00e9sistance, contr\u00f4l\u00e9 par les communistes, a stigmatis\u00e9 la droite, repr\u00e9sentative du mouvement lib\u00e9ral, parce que certains de ses membres ont, ou auraient, \u00e9t\u00e9 p\u00e9tainistes. Au lieu de r\u00e9futer point par point ces affirmations, les \u00ab\u00a0lib\u00e9raux\u00a0\u00bb ont alors cherch\u00e9 \u00e0 se justifier en proposant des actions qui \u00e9taient autant de gages donn\u00e9s \u00e0 la gauche qu\u2019ils sont sociaux, solidaires\u2026 autant de domaines o\u00f9 ils n\u2019arriveront jamais \u00e0 rivaliser avec la d\u00e9magogie de la gauche. Et le malheur pour la pens\u00e9e lib\u00e9rale est qu\u2019ils ont gard\u00e9 cette attitude de justification de ce qu\u2019ils proposent m\u00eame quand personne ne leur demande rien. La cons\u00e9quence est que les forces de gauche ont impos\u00e9 leur vocabulaire et, par cons\u00e9quent, avec l\u2019aide des m\u00e9dias, leur conception du monde, leurs sch\u00e9mas de pens\u00e9es et leur mod\u00e8le de soci\u00e9t\u00e9 devenant par l\u00e0-m\u00eame ma\u00eetresses du jeu politique. Comme la droite et le centre, n\u00e9olib\u00e9raux sens\u00e9s d\u00e9fendre les id\u00e9es lib\u00e9rales, ont simplement cherch\u00e9 une consolation en se disant que les socialistes, sous la pression des faits, ont d\u00fb appliquer leurs id\u00e9es, le lib\u00e9ralisme n\u2019a pas cess\u00e9 d\u2019\u00eatre en perte de vitesse dans l\u2019esprit du peuple car il ne laisse plus entendre sa voix sur le terrain doctrinal qui est d\u00e9cisif pour enraciner les croyances dans les bienfaits de ce que l\u2019on d\u00e9fend. Bien au contraire, la croyance est de plus en plus fermement \u00e9tablie que le lib\u00e9ralisme est \u00e0 proscrire en totalit\u00e9.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><b><span style=\"text-decoration: underline;\">Causes politiques\u00a0:<\/span><\/b> ces causes historiques se trouvent amplifi\u00e9es par des causes politiques \u00e0 commencer par les d\u00e9clarations du Pr\u00e9sident de la R\u00e9publique disant publiquement que le <i>\u00ab\u00a0lib\u00e9ralisme est aussi d\u00e9sastreux que le communisme\u00a0\u00bb<\/i>, mais aussi par le fonctionnement de nos institutions sous la V\u00e8me R\u00e9publique. D\u00e8s que De Gaulle a \u00e9t\u00e9 \u00e9lu en 1958, il a poursuivi le r\u00eave encore actuel d\u2019une France \u00ab\u00a0puissance\u00a0\u00bb qui a n\u00e9cessit\u00e9 un engagement tr\u00e8s fort de l\u2019Etat pour soutenir des projets qui \u00e9taient autant de vitrines de notre pays \u00e0 l\u2019\u00e9tranger. Comment peut-on comprendre actuellement ces milliards que l\u2019on d\u00e9pense pour conserver notre mod\u00e8le social si ce n\u2019est pour donner l\u2019illusion \u00e0 l\u2019\u00e9tranger que nous sommes une grande puissance\u00a0? Et que cette puissance ne peut \u00eatre garantie que par l\u2019action des \u00e9diles de l\u2019Etat (qui s\u2019attribuent ce faisant un pouvoir personnel n\u00e9faste qui est entretenu par la Constitution actuelle) au d\u00e9triment, h\u00e9las\u00a0!, du bien-\u00eatre du peuple. Il y a l\u00e0 une inversion du r\u00f4le que l\u2019on assigne \u00e0 l\u2019organisation sociale\u00a0: le r\u00f4le premier est bien de r\u00e9unir les conditions qui permettent d\u2019accro\u00eetre le bien-\u00eatre social et la participation du peuple, le renforcement de la puissance de l\u2019Etat vis-\u00e0-vis des autres Etats venant en second. Le mercantilisme chiraquien actuel qui est la n\u00e9gation m\u00eame d\u2019une politique lib\u00e9rale, est \u00e0 cet \u00e9gard, \u00e9difiant. Il donne, de surcro\u00eet, l\u2019impression que le dynamisme \u00e9conomique fran\u00e7ais se r\u00e9sume aux performances de quelques entreprises du CAC 40. L\u2019Etat fran\u00e7ais favorise syst\u00e9matiquement celles qu\u2019il consid\u00e8re comme des \u00ab\u00a0championnes\u00a0\u00bb, \u00e0 savoir, les grandes entreprises qui lui servent de vitrines, provoquant en m\u00eame temps depuis la fin des ann\u00e9es 1970 une diminution permanente de la densit\u00e9 du tissu industriel. Ce n\u2019est pas un hasard s\u2019il n\u2019y a en France que 40 entreprises pour 1000 habitants contre 80 en Espagne ou en Italie. En s\u2019enfermant dans son r\u00eave de puissance, l\u2019Etat s\u2019est condamn\u00e9 au d\u00e9ficit permanent et croissant qui ne fait qu\u2019amplifier son recul et son incapacit\u00e9 \u00e0 r\u00e9soudre le probl\u00e8me du ch\u00f4mage. C\u2019est bien le message de l\u2019euro fort par rapport au dollar qui nous impose de donner d\u00e8s maintenant la priorit\u00e9 \u00e0 la politique int\u00e9rieure sur la politique ext\u00e9rieure et l\u2019illusion de la puissance qui lui est associ\u00e9e. Notre devoir est de fortifier les bases m\u00eames de notre \u00e9conomie et de notre ordre social pour qu\u2019une envol\u00e9e de l\u2019euro ne suffise pas \u00e0 les faire trembler. Par ailleurs, ce r\u00eave de puissance ne peut devenir r\u00e9alit\u00e9 que si les Institutions permettent aux dirigeants politiques de d\u00e9cider pratiquement en toute ind\u00e9pendance. Et c\u2019est bien ce que permet la V\u00e8me R\u00e9publique dans laquelle le Parlement se trouve abaiss\u00e9 en permanence pour mieux montrer l\u2019importance du pouvoir gouvernemental puisque c\u2019est le chef de l\u2019Etat qui choisit le gouvernement, ce qui, dans les faits, favorise l\u2019inefficacit\u00e9 d\u00e9mocratique et la courtisanerie. La cons\u00e9quence la plus grave est que la volont\u00e9 du peuple fran\u00e7ais n\u2019arrive pas \u00e0 se faire entendre par l\u2019interm\u00e9diaire de l\u2019Assembl\u00e9e Nationale, ce qui l\u2019am\u00e8ne \u00e0 manifester dans la rue en donnant l\u2019impression \u00e0 tous ceux que l\u2019immobilisme arrange bien, qu\u2019il r\u00e9pugne aux changements n\u00e9cessaires, ce qui est totalement faux.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><b><span style=\"text-decoration: underline;\">Causes th\u00e9oriques\u00a0:<\/span><\/b> peu de lib\u00e9raux se font une id\u00e9e claire de ce que sont le march\u00e9, le capital, le travail, la valeur et le profit. Je rappellerai simplement que le march\u00e9 n\u2019est pas extensible \u00e0 volont\u00e9 au risque de faire accepter comme pouvant faire l\u2019objet de relations de libre-\u00e9change des pratiques que la morale r\u00e9prouve (prostitution, drogues\u2026). Dans nos soci\u00e9t\u00e9s, la quasi-totalit\u00e9 des biens \u00e9chang\u00e9s sur le march\u00e9 est reproductible \u00e0 volont\u00e9, c\u2019est-\u00e0-dire n\u2019est pas rare, ce qui entra\u00eene comme cons\u00e9quence que la concurrence s\u2019exerce entre les entreprises qui les produisent et a pour effet de ramener en permanence leur prix sur le march\u00e9 vers leur co\u00fbt de production. Du fait qu\u2019il existe ainsi une valeur qui est calculable, chaque co\u00e9changiste doit normalement recevoir autant qu\u2019il apporte mais ni plus, ni moins. Autrement dit, le march\u00e9 est r\u00e9ducteur de gains sp\u00e9culatifs et, \u00e0 contrario, producteur de comportements \u00ab\u00a0honn\u00eates\u00a0\u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire \u00ab\u00a0moraux\u00a0\u00bb. A moyen et long termes, la concurrence entre les offreurs produit comme effet de multiplier les quantit\u00e9s offertes en r\u00e9duisant le prix de vente tout en permettant de reconduire la valeur dans le temps. Pour cette raison, le lib\u00e9ralisme est la seule th\u00e9orie sociale qui puisse permettre de consid\u00e9rer les lib\u00e9raux comme des \u00ab\u00a0amis de l\u2019humanit\u00e9\u00a0\u00bb et comme le taux de profit des diverses productions tend \u00e0 s\u2019\u00e9galiser sur les march\u00e9s, tous les consommateurs se trouvent pleinement satisfaits. Le capital ne peut ainsi \u00eatre con\u00e7u que dans sa dimension industrielle et commerciale et non comme une donn\u00e9e financi\u00e8re autonome de l\u2019\u00e9conomie r\u00e9elle et dont il serait imp\u00e9ratif de maximiser la valeur et, plus pr\u00e9cis\u00e9ment, de maximiser la valeur pour l\u2019actionnaire (la \u00ab\u00a0shareholder value\u00a0\u00bb)\u00a0: l\u2019ultra-lib\u00e9ralisme appara\u00eet ici comme l\u2019antith\u00e8se du lib\u00e9ralisme. Il ne faut pas oublier cependant que le r\u00f4le de l\u2019actionnaire r\u00e9pond \u00e0 l\u2019exigence fondamentale dans notre soci\u00e9t\u00e9 lib\u00e9rale d\u2019apport de capitaux permettant de renouveler en permanence les \u00e9quipements et les m\u00e9thodes de production du fait de l\u2019explosion des innovations technologiques. Mais le capital n\u2019a pas d\u2019autre objet que de permettre au travail d\u2019\u00eatre le plus productif possible. Celui qui apporte son travail est donc aussi indispensable que l\u2019apporteur des fonds m\u00eame si l\u2019on doit reconna\u00eetre que ce dernier a une ant\u00e9riorit\u00e9 dans l\u2019acte de constitution de l\u2019entreprise, d\u2019o\u00f9 d\u00e9coulent ses droits de propri\u00e9t\u00e9. Cette constatation logique permet de dire que, pour l\u2019entreprise, le profit n\u2019est pas, \u00e0 proprement parler, l\u2019objectif \u00e0 atteindre\u00a0: il est la condition sans laquelle il n\u2019y a aucune chance de maintenir un capital et, donc, de pouvoir d\u00e9velopper une entreprise. Il s\u2019ensuit que la distribution du profit n\u2019est pas, <i>a priori<\/i>, prioritaire sur les salaires, au contraire. Si l\u2019activit\u00e9 se ralentit, la diminution du chiffre d\u2019affaires, normalement et logiquement, fait d\u2019abord sentir ses effets sur le niveau des profits et beaucoup moins sur celui des salaires. Dans le cas inverse, quand la conjoncture est meilleure, les capitalistes seront les premiers \u00e0 profiter alors que les salaires n\u2019augmenteront que de tr\u00e8s peu. La raison de cet ordre des choses que l\u2019ultralib\u00e9ralisme entend abolir dans sa recherche (injustifi\u00e9e) de maximisation du profit pour l\u2019actionnaire est, qu\u2019en fait, le niveau des salaires d\u00e9pend beaucoup plus des usages et des coutumes dans la soci\u00e9t\u00e9 que des variations de la productivit\u00e9 des entreprises. En maximisant le profit par la compression des salaires ou par le jeu des fusions \/ acquisitions qui se traduit par l\u2019obtention d\u2019une situation plus ou moins monopolistique pour l\u2019entreprise, lui permettant de pratiquer les prix qu\u2019elle veut, on aboutit au m\u00eame r\u00e9sultat qui est de r\u00e9duire le pouvoir d\u2019achat des salari\u00e9s en contrepartie de l\u2019augmentation des plus values encaiss\u00e9es par les actionnaires.<\/p>\n<p>Le capital n\u2019ayant pas d\u2019autre objet que de donner \u00ab\u00a0effet au travail\u00a0\u00bb, une pr\u00e9sentation simple du statut du travail s\u2019impose\u00a0: refus de consid\u00e9rer qu\u2019il puisse exister un \u00ab\u00a0march\u00e9 du travail\u00a0\u00bb ou encore un travail non qualifi\u00e9, si ce n\u2019est par la soci\u00e9t\u00e9 qui peut l\u2019accepter ou le refuser.<\/p>\n<p>Or, la loi du march\u00e9 \u00e9nonc\u00e9e ci-dessus et qui fait sentir tous ses effets sur le moyen et le long termes pourrait aussi \u00eatre appel\u00e9e, \u00e0 court terme, loi de \u00ab\u00a0l\u2019emb\u00eatement maximum\u00a0\u00bb parce que les acheteurs sont insatisfaits lorsque les prix montent et les vendeurs lorsqu\u2019ils diminuent. Acheteurs comme vendeurs demandent alors au Gouvernement d\u2019intervenir, lequel, consid\u00e9rant que sa t\u00e2che essentielle est d\u2019ob\u00e9ir \u00e0 la volont\u00e9 de ses \u00e9lecteurs, n\u2019aura de cesse de paralyser le m\u00e9canisme qui permettrait aux prix de retourner vers leur valeur naturelle. Le r\u00e9gime du prix comme r\u00e9gulateur automatique sur le march\u00e9 se trouve ainsi remplac\u00e9 par le r\u00e9gime absurde de l\u2019\u00e9conomie consciente dans laquelle la volont\u00e9 de quelques hommes doit remplacer le libre jeu des prix et qui est la n\u00e9gation m\u00eame de l\u2019\u00e9conomie lib\u00e9rale.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Pour justifier un tel renversement, les politiques s\u2019appuient sur les propositions de ceux que l\u2019on appelle \u00e0 tort des \u00ab\u00a0n\u00e9olib\u00e9raux\u00a0\u00bb et qui ont fait de l\u2019utilit\u00e9, c\u2019est-\u00e0-dire du d\u00e9sir de poss\u00e9der les choses, le facteur explicatif du prix, alors que pour les lib\u00e9raux, c\u2019est le travail qui remplit ce r\u00f4le. Cela leur permettait en m\u00eame temps d\u2019expliquer la formation des prix des biens rares, c\u2019est-\u00e0-dire de ceux qui ne sont pas reproductibles \u00e0 volont\u00e9 sur un march\u00e9, tels une \u0153uvre d\u2019art, un terrain bien plac\u00e9 \u00e0 Paris, un vin de grand vignoble, une place de th\u00e9\u00e2tre un soir de premi\u00e8re, etc. Par le biais de l\u2019utilit\u00e9, l\u2019\u00e9conomie de march\u00e9 ne fournit plus aucune explication pour en exclure la prostitution ou la consommation de drogue, par exemple.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Cette nouvelle explication \u00e9conomique qui met la demande au centre de l\u2019activit\u00e9 justifie le chantage de l\u2019offreur sur les demandeurs qui peuvent augmenter la mise pour obtenir le bien convoit\u00e9. Les march\u00e9s financiers proc\u00e8dent de cette vision de m\u00eame que l\u2019enjeu des fusions et acquisitions est de faire passer la concurrence des vendeurs aux acheteurs. La cons\u00e9quence est que les prix de rachat atteignent des valeurs d\u00e9mesur\u00e9es qu\u2019il faut bien financer, le plus souvent en empruntant, ce qui augmente les frais financiers pour l\u2019entreprise qui ne peut plus ajuster ses charges \u00e0 ses recettes qu\u2019en se servant de la masse salariale. Dans cette conception de l\u2019\u00e9conomie, les profits qui, normalement, doivent servir de variable d\u2019ajustement aux r\u00e9sultats de l\u2019activit\u00e9, deviennent l\u2019objectif \u00e0 atteindre alors que la masse salariale qui doit rester sensiblement constante devient, \u00e0 son tour, la variable d\u2019ajustement avec toutes les cons\u00e9quences sociales que l\u2019on conna\u00eet.<\/p>\n<p>En s\u2019appropriant cette explication du fonctionnement de l\u2019\u00e9conomie, l\u2019Etat peut faire une confiance aveugle \u00e0 sa capacit\u00e9 d\u2019intervention car il pense savoir ce qui est utile ou non au citoyen. Il pense ainsi pouvoir g\u00e9rer l\u2019\u00e9volution de la population active en agissant directement sur le comportement des individus \u00e0 l\u2019\u00e9gard du travail (les 35 heures sont tr\u00e8s r\u00e9v\u00e9latrices de cette \u00e9tat d\u2019esprit). C\u2019est une tr\u00e8s grosse erreur de jugement qu\u2019il commet l\u00e0 et qui l\u2019am\u00e8ne \u00e0 \u00e9touffer notre pays tout en comprimant les bas-salaires au moyen de toutes les aides qu\u2019il met en place et qui constituent une v\u00e9ritable \u00ab\u00a0trappe \u00e0 pauvret\u00e9\u00a0\u00bb. Par exemple, chaque fois que l\u2019on augmente la PPE (prime pour l\u2019emploi d\u2019un montant de 2 milliards d\u2019euros cette ann\u00e9e mis \u00e0 la charge du contribuable par l\u2019entreprise), on d\u00e9responsabilise un peu plus le secteur marchand puisque l\u2019on met \u00e0 la charge du contribuable une partie du salaire que les patrons devraient payer.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><b><span style=\"text-decoration: underline;\">Causes id\u00e9ologiques<\/span><\/b>\u00a0: le tout-march\u00e9 des \u00ab\u00a0n\u00e9olib\u00e9raux\u00a0\u00bb o\u00f9 tout est \u00e0 vendre et tout \u00e0 acheter, ne permet plus de comprendre le r\u00f4le du march\u00e9 et aboutit \u00e0 une conception du libre-\u00e9change comme une fin en soi, transformant celui-ci en v\u00e9ritable id\u00e9ologie que les manifestants \u00e0 Seattle avaient raison de d\u00e9noncer en 1999 dans leurs critiques des propositions de l\u2019OMC. Ouvrir les fronti\u00e8res et faire tomber les obstacles aux \u00e9changes correspondaient \u00e0 appliquer dans la r\u00e9alit\u00e9 un des principes fondateurs du lib\u00e9ralisme, \u00e0 savoir \u00e9tendre sans cesse dans l\u2019espace la libert\u00e9 de contracter afin d\u2019effacer progressivement les diff\u00e9rences entre le commerce dans chaque pays et le commerce international. Ce qui devrait constituer la norme pour \u00e9largir l\u2019activit\u00e9 commerciale est le commerce interne puisque chaque Etat est libre de s\u2019ouvrir ou non au commerce international. Or, en France mais aussi aux Etats-Unis est vivace la tradition du mercantilisme qui est la n\u00e9gation m\u00eame du lib\u00e9ralisme puisqu\u2019il correspond \u00e0 une \u00e9conomie de guerre. Pourtant, l\u2019exportation qui s\u2019apparente \u00e0 la conqu\u00eate d\u2019un march\u00e9 devrait \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme une excellente chose. Cela est vrai \u00e0 condition qu\u2019elle ne soit pas subventionn\u00e9e car alors, au nom du libre-\u00e9change, on impose aux pays les plus pauvres d\u2019ouvrir leurs fronti\u00e8res afin que puisse jouer la concurrence des pays qui exportent, lesquels cherchent d\u2019ailleurs par tous les moyens \u00e0 limiter leurs importations en bons mercantiles qu\u2019ils sont. Ainsi, c\u2019est au nom du libre-\u00e9change que le commerce international est impos\u00e9 \u00e0 certains pays alors que, dans une logique lib\u00e9rale, c\u2019est parce qu\u2019ils auraient fait le n\u00e9cessaire pour abaisser leurs barri\u00e8res que ces pays auraient pu participer au libre-\u00e9change. Alors que dans le lib\u00e9ralisme, le libre-\u00e9change devrait \u00eatre la cons\u00e9quence de la volont\u00e9 politique des Etats d\u2019ouvrir leurs fronti\u00e8res au commerce international, dans le capitalisme du tout-march\u00e9, c\u2019est le libre-\u00e9change qui est devenu la cause de cette ouverture. Il s\u2019agit ici d\u2019une v\u00e9ritable d\u00e9viation id\u00e9ologique qui consiste \u00e0 consid\u00e9rer le libre-\u00e9change comme une fin en soi, au d\u00e9triment du d\u00e9veloppement des pays moins avanc\u00e9s. Par exemple, la fili\u00e8re aviaire du S\u00e9n\u00e9gal et celle du Cameroun viennent d\u2019\u00eatre pratiquement d\u00e9truites par les exportations d\u2019ailes de poulet de l\u2019entreprise fran\u00e7aise Doux en direction de ces pays qui n\u2019ont pas pu prot\u00e9ger leur production nationale en \u00e9rigeant des taxes \u00e0 l\u2019entr\u00e9e. Le prix de vente de l\u2019aile de poulet Doux \u00e9tant tr\u00e8s inf\u00e9rieur \u00e0 celui du poulet local, les producteurs de ceux-ci n\u2019ont pas pu r\u00e9sister.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Le rejet du lib\u00e9ralisme proc\u00e8de aussi de cette transformation dans laquelle le tout-march\u00e9 appara\u00eet bien pour ce qu\u2019il est, \u00e0 savoir le pire ennemi du march\u00e9 et, partant, le pire ennemi du lib\u00e9ralisme. L\u2019Etat a, de toute \u00e9vidence, un r\u00f4le important \u00e0 jouer, dans la mesure o\u00f9 il arrive \u00e0 se soustraire \u00e0 ces pratiques d\u2019\u00e9conomie de guerre h\u00e9rit\u00e9es d\u2019un autre \u00e2ge, ce qui n\u2019est pas encore le cas de l\u2019Etat fran\u00e7ais. De plus, comme les subventions sont accord\u00e9es \u00e0 des personnes morales dirig\u00e9es par des individus, la confusion savamment entretenue par la gauche, entre \u00ab\u00a0individualisme\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0lib\u00e9ralisme\u00a0\u00bb ne fait qu\u2019amplifier la perception n\u00e9gative de celui-ci.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p align=\"center\"><b><span style=\"text-decoration: underline;\">III \u2013 El\u00e9ments d\u2019\u00e9thique lib\u00e9rale<\/span><\/b><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Pour redonner au lib\u00e9ralisme ses lettres de noblesse, il faudrait l\u2019asseoir sur une vision, une conception de la responsabilit\u00e9 individuelle, une philosophie, des r\u00e8gles de conduite c\u2019est-\u00e0-dire, en d\u00e9finitive, sur une <b>\u00e9thique commune \u00e0 tous<\/b> concernant l\u2019\u00e9tendue du march\u00e9, le r\u00f4le de la finance, l\u2019imposture de la cavalerie budg\u00e9taire et du drainage de l\u2019\u00e9pargne vers les emprunts d\u2019Etat, ce qui ass\u00e8che les fonds qui seraient n\u00e9cessaires au d\u00e9veloppement de nos entreprises. Cette \u00e9thique concerne aussi l\u2019expression d\u00e9mocratique dans notre pays qui devrait devenir effective en modifiant notre Constitution pour interdire les d\u00e9rives gouvernementales qui ont \u00e9t\u00e9 port\u00e9es \u00e0 une sorte de paroxysme avec Chirac, en imposant au Pr\u00e9sident de pr\u00e9sider (fonction essentiellement honorifique) et au Gouvernement de gouverner (fonction tr\u00e8s expos\u00e9e car hautement risqu\u00e9e).<\/p>\n<p>Mais, pour commencer nous devrions chercher \u00e0 convaincre nos concitoyens que la responsabilit\u00e9 individuelle est requise en toute circonstance comme garante de notre libert\u00e9 et de notre efficacit\u00e9 contrairement \u00e0 cette irresponsabilit\u00e9 collective que l\u2019on rencontre en permanence \u00e0 gauche mais aussi, parfois, \u00e0 droite. J\u2019en veux pour exemple la proposition de Guy Sorman (fondateur de la revue \u00ab\u00a0L\u2019esprit libre\u00a0\u00bb au d\u00e9but des ann\u00e9es 1980), pourtant lib\u00e9ral reconnu comme tel, de couper d\u00e9finitivement le lien entre le travail et le revenu que l\u2019on touche, en faisant verser par l\u2019Etat, \u00ab\u00a0en toutes circonstances\u00a0\u00bb, un revenu minimum universel (le RMU apr\u00e8s la CMU de la gauche\u2026 tout un programme\u2026 antilib\u00e9ral\u00a0!) de, par exemple, 800 \u20ac par mois, moyennant quoi toutes les autres aides seraient supprim\u00e9es. Ce qu\u2019il vise, c\u2019est \u00e0 garantir \u00e0 chacun une dignit\u00e9 personnelle minimum comme si, en ouvrant le droit \u00e0 un revenu universel, on pourra r\u00e9tablir la dignit\u00e9 et la fiert\u00e9 personnelles qui se trouvent bafou\u00e9es par l\u2019exclusion sociale dont, dit-il, la modernit\u00e9 \u00e9conomique est la responsable\u00a0!!<\/p>\n<p>Comment peut-on esp\u00e9rer redonner corps au lib\u00e9ralisme lorsque ceux qui parlent en son nom font miroiter l\u2019id\u00e9e de la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019un droit automatique au revenu sans travail, lorsqu\u2019ils proposent la mise en place d\u2019un Revenu Familial Garanti ou autre Revenu Minimum d\u2019Activit\u00e9 (RMA) dont les seules cons\u00e9quences sont de bloquer le march\u00e9 de l\u2019emploi et la croissance \u00e9conomique.<\/p>\n<p>Guy Sorman et les autres semblent avoir oubli\u00e9 que deux lois fondent enti\u00e8rement le lib\u00e9ralisme dont celle des d\u00e9bouch\u00e9s de JB Say qui postule que \u00ab\u00a0toute offre cr\u00e9e sa propre demande\u00a0\u00bb ou, ce qui revient au m\u00eame, que \u00ab\u00a0les produits ne peuvent s\u2019\u00e9changer que contre des produits\u00a0\u00bb. Cette hypoth\u00e8se est d\u2019une immense port\u00e9e car elle suppose deux principes fondamentaux. D\u2019une part que pour participer au circuit des \u00e9changes, chaque homme doit proposer un produit de son travail en contrepartie de ce qu\u2019il demande (sauf, bien s\u00fbr, \u00e0 supposer qu\u2019il puisse proposer le produit du travail de quelqu\u2019un d\u2019autre qu\u2019il aurait re\u00e7u d\u2019autrui ou de l\u2019aide publique sous forme d\u2019allocations ou de RMU comme le propose Guy\u00a0Sorman). Et, d\u2019autre part, que les crises ne sont ni fatales ni durables en r\u00e9gime lib\u00e9ral si on laisse l\u2019activit\u00e9 \u00e9conomique se r\u00e9guler elle-m\u00eame \u00e0 partir de l\u2019action libre et volontaire de chaque personne ou, ce qui revient au m\u00eame, si, par un moyen ou un autre, aucune entrave n\u2019est mise \u00e0 l\u2019expression \u00e9conomique de la libert\u00e9 de chacun.<\/p>\n<p>La deuxi\u00e8me loi est celle des avantages comparatifs de David Ricardo qui explique qu\u2019un pays a int\u00e9r\u00eat \u00e0 se sp\u00e9cialiser dans ce qu\u2019il peut utiliser de mieux ou produire de moins mauvais par rapport aux autres pays. Cette loi est d\u2019une port\u00e9e au moins aussi grande que la pr\u00e9c\u00e9dente car elle postule que si un pays a des avantages dans tous les domaines par rapport aux autres, il devrait devenir le producteur mondial unique. En r\u00e9alit\u00e9, cela ne devrait pas pouvoir se faire car les producteurs nationaux, par besoin de sentir leurs racines et par amour de leur pays, produiront quand m\u00eame de telle sorte que tout le monde soit gagnant. Cela suppose qu\u2019ils ne soient pas incit\u00e9s \u00e0 fuir leur pays. Pour remplir cette condition en France, il serait n\u00e9cessaire de supprimer l\u2019ISF et de s\u2019interroger sur le maintien de l\u2019imp\u00f4t sur les soci\u00e9t\u00e9s qui, en d\u00e9finitive, p\u00e9nalise les consommateurs. En effet, aussi absurde que cela puisse para\u00eetre, sauf si on prend en compte la conviction largement partag\u00e9e que l\u2019Etat a r\u00e9ponse \u00e0 tous les probl\u00e8mes, l\u2019imp\u00f4t est pens\u00e9 d\u2019abord et surtout dans sa fonction redistributive et non dans celle contributive au financement des d\u00e9penses de l\u2019Etat. L\u2019ISF r\u00e9pond \u00e0 cette dichotomie. Il est l\u2019imp\u00f4t punitif par excellence. En fait, tous ceux qui ne peuvent acc\u00e9der \u00e0 la fortune cherchent \u00e0 amoindrir celle-ci en la nivelant par le bas afin de faire du bien aux pauvres en frappant les riches. L\u2019ISF ne rapporte rien \u00e0 l\u2019Etat mais il p\u00e8se tr\u00e8s lourdement sur les revenus des assujettis. D\u2019o\u00f9 la fuite sans pr\u00e9c\u00e9dent des capitaux fran\u00e7ais vers d\u2019autres pays. Cette situation n\u2019est pas compatible avec la priorit\u00e9 qu\u2019il faudrait accorder \u00e0 l\u2019emploi.<\/p>\n<p>En m\u00eame temps, cette loi des avantages comparatifs permet de comprendre que c\u2019est une erreur d\u2019interpr\u00e9tation que de dire que nos entreprises se d\u00e9localisent en raison des bas salaires dans les autres pays. Si elles le font c\u2019est parce que notre structure nationale de comp\u00e9tences disponibles sur le march\u00e9 n\u2019est pas adapt\u00e9e aux \u00e9changes avec la structure de faibles comp\u00e9tences des pays \u00e0 bas revenus (probl\u00e8me de formation et de r\u00e9sistance de l\u2019Education Nationale \u00e0 tout ce qui pourrait favoriser une telle adaptation) mais aussi parce que l\u2019autre facteur d\u00e9terminant qui est le partage de la valeur ajout\u00e9e est bien plus favorable aux pays \u00e9mergents, notamment dans le cadre de la consolidation financi\u00e8re que font les grands groupes au moyen de leurs holdings. Et l\u00e0, nous mettons le doigt sur une faille b\u00e9ante du courant dominateur de la \u00ab\u00a0pens\u00e9e lib\u00e9rale moderne\u00a0\u00bb qui ne se fait plus une id\u00e9e tr\u00e8s claire de ce qu\u2019est le \u00ab\u00a0capital\u00a0\u00bb (dont l\u2019objet est, rappelons-le de \u00ab\u00a0donner effet au travail\u00a0\u00bb) qu\u2019ils confondent volontiers avec le tout-financier qui constitue actuellement l\u2019\u00e9l\u00e9ment unificateur de l\u2019\u00e9conomie globalis\u00e9e alors que les \u00e9changes internationaux ne peuvent faire profiter les peuples de leurs bienfaits que si l\u2019\u00e9conomie est mondialis\u00e9e et non globalis\u00e9e. Le lib\u00e9ralisme se trouve depuis enferm\u00e9 dans les conceptions de l\u2019ultralib\u00e9ralisme auxquelles pourtant il s\u2019oppose du tout au tout et tel, par exemple, qu\u2019il \u00e9tait incarn\u00e9 dans les dispositions fondatrices du trait\u00e9 de Rome de 1957 instituant l\u2019Europe communautaire. Il s\u2019agit pour ces \u00abpseudo lib\u00e9raux\u00a0\u00bb de promouvoir d\u2019autres valeurs que la valeur marchande comme, par exemple, la valeur actionnariale qui est le fer de lance de l\u2019ultralib\u00e9ralisme.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<div>\n<p align=\"center\"><b><span style=\"text-decoration: underline;\">Exemple de pi\u00e8ge relatif au vocabulaire<\/span><\/b><\/p>\n<\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p align=\"center\"><b><span style=\"text-decoration: underline;\">Doit-on proposer dans le programme lib\u00e9ral de \u00ab\u00a0r\u00e9duire les charges sociales\u00a0\u00bb\u00a0?<\/span><\/b><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Tout d\u2019abord, une pr\u00e9cision s\u2019impose en constatant qu\u2019il y a des charges fiscalis\u00e9es comme la CSG et des charges \u00e0 objet de pr\u00e9caution comme l\u2019assurance vieillesse.<\/p>\n<p>Au sens strict, les premi\u00e8res sont de r\u00e9elles \u00ab\u00a0charges\u00a0\u00bb alors que les secondes sont des \u00ab\u00a0cotisations\u00a0\u00bb \u00e0 des r\u00e9gimes d\u2019assurance qui ont \u00e9t\u00e9 mis en place en 1946 et qui constituent ce que l\u2019on appelle le \u00ab\u00a0mod\u00e8le social fran\u00e7ais\u00a0\u00bb tant d\u00e9cri\u00e9 depuis quelques ann\u00e9es.<\/p>\n<p>Or, qui dit \u00ab\u00a0cotisations\u00a0\u00bb dit utilisation d\u2019une partie de son salaire pour adh\u00e9rer \u00e0 un organisme. En cons\u00e9quence, vouloir r\u00e9duire les \u00ab\u00a0charges sociales\u00a0\u00bb revient \u00e0 r\u00e9duire le salaire de chaque salari\u00e9, ce qui ne peut \u00eatre que mal per\u00e7u par ceux-ci. C\u2019est une sinistre farce que de parler de \u00ab\u00a0cotisations patronales\u00a0\u00bb car elles correspondent \u00e0 un montant que le salari\u00e9 devrait prendre sur son salaire et verser de lui-m\u00eame si la loi n\u2019imposait pas cette tache au patron. Le MEDEF en a cependant profit\u00e9 pour faire passer le mythe de l\u2019all\u00e8gement des \u00ab\u00a0charges sociales\u00a0\u00bb pour un acquis intouchable qui est devenu la pierre angulaire de la politique de l\u2019emploi.<\/p>\n<p>Par ailleurs, le syst\u00e8me de S\u00e9curit\u00e9 sociale mis en place en 1946 n\u2019\u00e9tait pas redistributif. Il avait \u00e9t\u00e9 con\u00e7u selon une logique d\u2019assurance et avait parfaitement fonctionn\u00e9 pendant toute la p\u00e9riode dite des Trente Glorieuses, entre 1945 et 1973, qui fut une p\u00e9riode de plein emploi et de forte augmentation du pouvoir d\u2019achat des salari\u00e9s, ce qui n\u2019emp\u00eachait pas d\u00e9j\u00e0 le patronat de se plaindre du niveau trop \u00e9lev\u00e9 des \u00ab\u00a0charges\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>L\u2019analyse lib\u00e9rale de ce syst\u00e8me montre que son seul d\u00e9faut est sa gestion paritaire. En effet, puisque c\u2019est uniquement le salaire, direct et indirect, qui fait l\u2019objet du syst\u00e8me d\u2019assurance, seuls les salari\u00e9s sont l\u00e9gitim\u00e9s pour d\u00e9cider quels seront les taux de cotisation et comment les remboursements se feront. Il s\u2019agit de tous les salari\u00e9s et non pas seulement de ceux repr\u00e9sent\u00e9s par les cinq centrales syndicales officielles dans notre pays. En cons\u00e9quence de quoi, on ne peut pas dire que le mod\u00e8le social fran\u00e7ais soit un probl\u00e8me. Il est simplement g\u00e9r\u00e9 selon des principes qui ne respectent pas ce pour quoi il a \u00e9t\u00e9 \u00e9labor\u00e9. Mais voil\u00e0, ces principes ont rendu la vie tr\u00e8s dure \u00e0 tous ceux qui en relevaient, notamment les plus jeunes. Il est urgent de red\u00e9finir le contenu de notre mod\u00e8le social pour qu\u2019il cesse d\u2019\u00eatre n\u2019importe quoi comme par exemple, dans le monde agricole o\u00f9 la population active au travail est assist\u00e9e \u00e0 90 % de ses revenus courants via les subventions qui \u00e9manent de la Communaut\u00e9 Economique Europ\u00e9enne. L\u2019objectif politique devra \u00eatre de ramener notre mod\u00e8le social \u00e0 une juste mesure qui n\u2019\u00e9touffe plus l\u2019individu car celui-ci ne peut exprimer sa dignit\u00e9 que dans le travail.<\/p>\n<div>\n<p align=\"center\"><b><span style=\"text-decoration: underline;\">\u00a0<\/span><\/b><\/p>\n<\/div>\n<p align=\"center\"><b><span style=\"text-decoration: underline;\">\u00a0<\/span><\/b><\/p>\n<p align=\"center\"><b><span style=\"text-decoration: underline;\">\u00a0<\/span><\/b><\/p>\n<p align=\"center\"><b><span style=\"text-decoration: underline;\">IV &#8211; Conclusion<\/span><\/b><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Le vrai d\u00e9bat sur le lib\u00e9ralisme devrait prendre pour cibles l\u2019ultralib\u00e9ralisme et le niveau des d\u00e9penses publiques.<\/p>\n<p>A partir d\u2019un certain seuil de d\u00e9penses publiques, d\u00e9pass\u00e9 depuis longtemps en France, il n\u2019y a plus de march\u00e9 de l\u2019emploi car il se trouve bloqu\u00e9 par toutes les mesures prises d\u2019assistance au non-emploi. Il s\u2019ensuit qu\u2019il ne peut plus y avoir de plein-emploi possible avec de vrais emplois. Seule une voie politique peut nous permettre de sortir de cette situation (s\u2019il n\u2019est pas d\u00e9j\u00e0 trop tard)\u00a0: un parti politique devra se faire \u00e9lire sur un programme qui donne la priorit\u00e9 aux entrepreneurs qui d\u00e9sirent entreprendre et pour cela, embaucher, mais aussi aux salari\u00e9s qui ne con\u00e7oivent leur r\u00e9ussite sociale et professionnelle que comme une cons\u00e9quence du travail qu\u2019ils feront. La d\u00e9mocratie attend qu\u2019un tel parti r\u00e9alise ce programme. Ce parti ne pourra \u00eatre que lib\u00e9ral car l\u2019histoire a d\u00e9j\u00e0 montr\u00e9 \u00e0 plusieurs reprises que c\u2019est dans le silence de la parole lib\u00e9rale que vient toujours le temps des dictatures, quelle que soit leur forme.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Pour montrer que le lib\u00e9ralisme a besoin d\u2019une \u00e9thique pour exister et pour pr\u00e9senter quelques \u00e9l\u00e9ments de celle-ci, j\u2019ai con\u00e7u cette communication en trois parties. La premi\u00e8re est une pr\u00e9sentation g\u00e9n\u00e9rale du probl\u00e8me pos\u00e9. 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