{"id":109,"date":"2015-01-12T18:45:22","date_gmt":"2015-01-12T17:45:22","guid":{"rendered":"http:\/\/baupin.fr\/michel\/?p=109"},"modified":"2016-10-26T08:34:30","modified_gmt":"2016-10-26T06:34:30","slug":"quel-domaine-pour-la-comptabilite-une-etude-critique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/michel.baupin.fr\/?p=109","title":{"rendered":"Quel domaine pour la comptabilit\u00e9 ? Une \u00e9tude critique"},"content":{"rendered":"<div>\n<p><b>R\u00e9sum\u00e9\u00a0:<\/b> alors que pendant des si\u00e8cles la comptabilit\u00e9 a enregistr\u00e9 des \u00e9changes contractuels dans un cadre personnalistique, sous l\u2019influence de Dumarchey et de ses successeurs, elle est devenue un syst\u00e8me d\u2019enregistrement des ressources et des emplois de l\u2019entreprise con\u00e7ue comme une entit\u00e9 dans laquelle tout semble avoir vocation \u00e0 \u00eatre comptabilis\u00e9. Cette \u00e9volution est fond\u00e9e sur une conception de l\u2019entreprise disposant d\u2019un patrimoine et donc pouvant avoir une action \u00e9conomique, ce que nous contestons en proposant une autre fond\u00e9e sur l\u2019acte d\u2019\u00e9change sur les march\u00e9s. Dans ce cadre, la comptabilit\u00e9 est celle de la soci\u00e9t\u00e9 qui porte juridiquement l\u2019entreprise et non celle de l\u2019entreprise, son r\u00f4le \u00e9tant alors d\u2019enregistrer l\u2019\u00e9change sous l\u2019angle de la reproduction de la valeur dans le temps.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Mots cl\u00e9s : entreprise, soci\u00e9t\u00e9, \u00e9change, valeur, nombre comptable.<\/p>\n<p><b>Abstract\u00a0:<\/b> For centuries accounting recorded contractual trades in a personalistic scope and, under the influence of Dumarchey and his successors, it became a recording system for the resources and employment of the enterprise; In this system, the enterprise is conceived as an entity in which everything seems to be intended to be recorded. This evolution is founded on a conception of the enterprise with assets and thus with the ability to have an economic action, this is what we dispute as we offer another conception founded on the act of trades on the markets. In this scope, accounting is that of the company that bears legally the enterprise and not that of the enterprise itself, its role is then to record the trade in terms of the reproduction of the value through time.<\/p>\n<p>Key words: enterprise, company, trade, value, accounting number.<\/p>\n<\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><b><span style=\"text-decoration: underline;\">Introduction<\/span><\/b><\/p>\n<p>La d\u00e9finition de l\u2019entreprise consid\u00e9r\u00e9e du point de vue de l&rsquo;actionnaire comme un ensemble d\u2019investissements de capacit\u00e9s de production qui d\u00e9gage ou non une rentabilit\u00e9 sup\u00e9rieure au \u00ab\u00a0co\u00fbt du capital\u00a0\u00bb ne fait pas l&rsquo;unanimit\u00e9. Pourtant, la th\u00e9orie positive de l\u2019agence, \u00e0 partir des notions de conflits d\u2019int\u00e9r\u00eats et d\u2019asym\u00e9trie informationnelle, fournit une justification th\u00e9orique opportune \u00e0 la conception de la gouvernance actionnariale qui est issue de cette d\u00e9finition. Cependant, devant son incapacit\u00e9 \u00e0 r\u00e9pondre aux d\u00e9fis pos\u00e9s en termes de \u00ab\u00a0responsabilit\u00e9 sociale de l\u2019entreprise\u00a0\u00bb (RSE) par l\u2019\u00e9mergence de nouveaux acteurs, individuels ou organisationnels, rassembl\u00e9s sous l\u2019appellation \u00ab\u00a0parties prenantes\u00a0\u00bb, d\u2019autres discours sur la gouvernance se multiplient dans la pratique des entreprises en faisant l\u2019objet d\u2019adaptations r\u00e9guli\u00e8res et constantes. Les travaux pionniers de Milgrom et Roberts (1992) ont contest\u00e9 l\u2019identit\u00e9 suppos\u00e9e entre cr\u00e9ation de valeur et valeur pour les actionnaires car les d\u00e9cisions de la firme entra\u00eenent des cons\u00e9quences pour l\u2019ensemble des parties prenantes. Cette conception d\u2019une gouvernance partenariale qui consiste \u00e0 aligner la capacit\u00e9 \u00e0 saisir les opportunit\u00e9s de croissance en mobilisant toutes les ressources dont dispose l\u2019entreprise et l\u2019appropriation des gains qui en sont issus n\u2019est cependant pas nouvelle. Elle exprime le combat men\u00e9 depuis la fin du 19<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle pour faire reconna\u00eetre et accepter l\u2019entreprise comme une organisation hi\u00e9rarchis\u00e9e exploitant collectivement des moyens sous l\u2019autorit\u00e9 d\u2019une direction en vue de cr\u00e9er des richesses pour ses partenaires internes et externes. Les nouvelles r\u00e8gles comptables issues du r\u00e8glement CRC 2004-06 codifi\u00e9es \u00e0 l\u2019article 211-1 du PCG semblent apporter une justification \u00e0 cette conception en d\u00e9finissant les actifs par rapport \u00e0 la notion de patrimoine \u00e9conomique venant se substituer \u00e0 celle de patrimoine juridique. Ainsi, la gouvernance partenariale se nourrit, pour prouver sa l\u00e9gitimit\u00e9, des modifications de la comptabilit\u00e9 con\u00e7ue au d\u00e9part pour pouvoir construire la gouvernance fond\u00e9e sur les propri\u00e9taires dans le cadre d\u2019\u00e9changes contractuels entre deux parties sur les march\u00e9s. Ces changements comptables qui portent sur les \u00ab\u00a0parties prenantes\u00a0\u00bb posent alors le probl\u00e8me de l\u2019identification de \u00ab\u00a0l\u2019entreprise\u00a0\u00bb par rapport \u00e0 celle de la \u00ab\u00a0soci\u00e9t\u00e9 commerciale\u00a0\u00bb et renvoie \u00e0 celle des \u00ab\u00a0fronti\u00e8res de la comptabilit\u00e9\u00a0\u00bb dans la mesure o\u00f9, selon Colasse B. (2012), \u00ab\u00a0le comptable doit pr\u00e9alablement tracer une fronti\u00e8re entre [l\u2019entreprise] et son environnement, l\u2019isoler de celui-ci, la consid\u00e9rer comme une entit\u00e9 distincte de ses propri\u00e9taires\u00a0\u00bb. Pour Brodier P-L (1994), la confusion des deux termes soul\u00e8ve \u00ab\u00a0des enjeux autrement plus cruciaux pour notre \u00e9conomie que ne le ferait une simple coquetterie s\u00e9mantique. Car \u00e0 confondre ces deux notions, on en vient \u00e0 brouiller les r\u00e8gles du jeu \u00e9conomique, social et m\u00eame politique.\u00a0\u00bb. En attribuant \u00e0 l\u2019entreprise les droits de la soci\u00e9t\u00e9 qui la porte on la dote implicitement du patrimoine \u00e9conomique de celle-ci permettant de la construire comme une entit\u00e9 alors que, selon Colasse B. (2012), \u00ab\u00a0l\u2019entreprise n\u2019est pas un objet r\u00e9el, c\u2019est un objet artificiel, un <i>artefact<\/i>\u00a0\u00bb. Or, dire que l\u2019entreprise est une entit\u00e9 afin de la s\u00e9parer de ses propri\u00e9taires pour ne plus la consid\u00e9rer comme un objet de propri\u00e9t\u00e9, c\u2019est permettre de l\u2019inscrire dans un champ de repr\u00e9sentations qui met en \u00e9vidence plusieurs entit\u00e9s distinctes\u00a0: sociale, juridique, soci\u00e9t\u00e9 m\u00e8re et filiales, financi\u00e8re, \u00e9conomique, productive, etc. auxquelles il s\u2019agit ensuite de faire respectivement correspondre une entit\u00e9 comptable. Comme, selon cette conception, l\u2019entit\u00e9 comptable doit mesurer les \u00e9l\u00e9ments et les flux des autres entit\u00e9s sous peine de compromettre sa cr\u00e9dibilit\u00e9 et ses qualit\u00e9s informationnelles, de nombreux probl\u00e8mes apparaissent et permettent \u00e0 Amblard M. (1999) de dire que l\u2019entit\u00e9 comptable est,\u00a0:<\/p>\n<ul>\n<li>\u00ab\u00a0mutil\u00e9e\u00a0\u00bb puisque l\u2019usage de la quantification et de la mesure ne permet pas de tout enregistrer, notamment la comp\u00e9tence des salari\u00e9s, l\u2019image de marque, etc.,<\/li>\n<li>\u00ab\u00a0fragment\u00e9e\u00a0\u00bb de par le choix que font certains dirigeants de loger des positions actives dans des structures ad hoc pour \u00ab\u00a0nettoyer\u00a0\u00bb leur bilan, se livrant \u00e0 cette occasion \u00e0 une pratique de comptabilit\u00e9 cr\u00e9ative.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Ces affirmations ne nous semblent pas d\u00e9finitives dans la mesure o\u00f9 nous pensons que la comptabilit\u00e9 a vocation \u00e0 n\u2019enregistrer que les \u00e9changes marchands sur les march\u00e9s. Par exemple, vouloir mesurer l\u2019\u00ab\u00a0actif humain\u00a0\u00bb (E. Marqu\u00e8s, 1982) correspond \u00e0 une conception de la comp\u00e9tence humaine utilis\u00e9e dans l\u2019acte de production comme \u00e9tant un \u00ab\u00a0capital humain\u00a0\u00bb, interpr\u00e9tation que nous ne retenons pas car nous refusons l\u2019id\u00e9e que l\u2019homme puisse \u00eatre ramen\u00e9 au rang de \u00ab\u00a0marchandise\u00a0\u00bb comme n\u2019importe quel capital mais aussi parce que cette comp\u00e9tence produit ses effets dans la mani\u00e8re dont l\u2019acte d\u2019\u00e9change se d\u00e9roule, c\u2019est-\u00e0-dire que sa valeur est int\u00e9gr\u00e9e \u00e0 celui-ci.<\/p>\n<p>L\u2019encha\u00eenement logique pour aboutir de la soci\u00e9t\u00e9 juridique \u00e0 l\u2019entreprise peut pr\u00eater \u00e0 confusion dans la mesure o\u00f9 il se fonde sur le droit de propri\u00e9t\u00e9\u00a0: les apporteurs de capitaux sont propri\u00e9taires \u00e0 titre individuel ou soci\u00e9taire des actifs mis \u00e0 la disposition de l\u2019entreprise, ce qui n\u2019entra\u00eene pas comme cons\u00e9quence que celle-ci soit elle-m\u00eame propri\u00e9taire de ces actifs la rendant autonome \u00e9conomiquement.<\/p>\n<p>Par cette communication, notre but est de montrer que, logiquement, le r\u00f4le de la comptabilit\u00e9 est d\u2019enregistrer la mani\u00e8re dont la valeur se reproduit dans le temps \u00e0 travers des \u00e9changes \u00e9chelonn\u00e9s dans celui-ci. Il n\u2019est pas d\u2019enregistrer, <strong>comme le voudrait Amblard M. (1999), \u00ab\u00a0tout ce qui a trait au qualitatif, au social, \u00e0 l\u2019environnement et \u00e0 l\u2019humain\u00a0\u00bb. L\u2019approche comptable de ces domaines nous semble r\u00e9sulter d\u2019une autonomisation de l\u2019entreprise par rapport \u00e0 ses propri\u00e9taires et \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 qui la porte afin d\u2019essayer d\u2019en \u00e9largir les fronti\u00e8res comme l\u2019indique d\u2019ailleurs Richard J. (1996) lorsqu\u2019il \u00e9crit\u00a0: \u00ab\u00a0&#8230;la th\u00e9orie et surtout la pratique comptable dynamiques avaient reconnu la \u201cpersonnalit\u00e9 comptable\u201d de l\u2019entreprise\u2026\u00a0\u00bb.<\/strong><\/p>\n<p>Nous proposons dans une premi\u00e8re partie une \u00e9tude critique des \u00ab\u00a0fronti\u00e8res\u00a0\u00bb de la comptabilit\u00e9 en montrant les raisons qui ont amen\u00e9 \u00e0 l\u2019id\u00e9e d\u2019autonomisation de l\u2019entreprise provoquant une modification de l\u2019\u00e9valuation comptable et des objets \u00e9valu\u00e9s. Nous montrerons ensuite qu\u2019\u00e0 partir du moment o\u00f9 l\u2019entreprise devient \u00e9conomiquement autonome par rapport \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 qui la porte juridiquement, la volont\u00e9 d\u2019en fournir une image fid\u00e8le ne peut d\u00e9boucher que sur l\u2019extension des \u00e9l\u00e9ments \u00e9valu\u00e9s vers le qualitatif, le social et l\u2019humain.<\/p>\n<p>Dans une deuxi\u00e8me partie, nous montrerons pourquoi la comptabilit\u00e9 a vocation \u00e0 expliquer la reproduction de la valeur dans le temps en partant d\u2019une conception du nombre comptable qui repose sur une distinction entre la valeur et le prix dans l\u2019\u00e9tude de l\u2019\u00e9change et qui permette de d\u00e9terminer les \u00e9l\u00e9ments \u00e0 \u00e9valuer et uniquement eux. Nous introduirons le concept de \u00ab\u00a0valeur-comp\u00e9tence\u00a0\u00bb qui nous permettra de mettre en \u00e9vidence que la comptabilit\u00e9 n\u2019a pas de \u00ab\u00a0fronti\u00e8res\u00a0\u00bb \u00e0 proprement parler, son r\u00f4le \u00e9tant d\u2019expliquer au moyen de la reproduction de la valeur dans le temps ce que devient le capital investi par ses propri\u00e9taires dans la soci\u00e9t\u00e9, quel que soit l\u2019objet mat\u00e9riel ou immat\u00e9riel de cet investissement.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><b><span style=\"text-decoration: underline;\">1.\u00a0\u00a0 Les \u00ab\u00a0fronti\u00e8res\u00a0\u00bb de la comptabilit\u00e9<\/span><\/b><\/p>\n<p><b><span style=\"text-decoration: underline;\">1.1\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Autonomisation de l\u2019entreprise et \u00e9valuations comptables<\/span><\/b><\/p>\n<p>Si le terme \u00ab\u00a0entreprise\u00a0\u00bb est tr\u00e8s ancien en d\u00e9signant toutes sortes de projets mis \u00e0 ex\u00e9cution, ce n\u2019est qu\u2019au tournant de 1900 qu\u2019il s\u2019est impos\u00e9 et r\u00e9pandu avec le sens que nous lui connaissons aujourd\u2019hui. L\u2019entreprise elle-m\u00eame a \u00e9volu\u00e9 comme le mot qui la d\u00e9signe en se formant entre 1860 et 1900 pour se d\u00e9velopper pleinement et rapidement ensuite.<\/p>\n<p>Selon Cottereau A. (2002) et Lefebvre P. (2003), les manufactures, les fabriques et l\u2019industrie en g\u00e9n\u00e9ral, quelle que soit leur taille, mettaient en \u0153uvre des relations de travail qui r\u00e9pondaient, dans le cadre du droit civiliste de 1804, aux crit\u00e8res de louage d\u2019ouvrage reposant sur l\u2019autonomie de l\u2019ouvrier dans son travail<a title=\"\" href=\"#_ftn1\">[1]<\/a>. De ce fait et jusqu\u2019\u00e0 la fin du 19<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle, l\u2019\u00e9valuation des comptes se faisait g\u00e9n\u00e9ralement en \u00ab\u00a0valeurs de march\u00e9\u00a0\u00bb <a title=\"\" href=\"#_ftn2\">[2]<\/a>, c\u2019est-\u00e0-dire en supposant la liquidation de la soci\u00e9t\u00e9 qui porte juridiquement l\u2019entreprise de mani\u00e8re \u00e0 d\u00e9terminer sa capacit\u00e9 \u00e0 rembourser ses dettes et ce qu\u2019elle pourrait rapporter \u00e0 ses propri\u00e9taires.<\/p>\n<p>Or, entre 1870 et 1880, de nombreux conflits vont opposer les agents des chemins de fer \u00e0 leurs compagnies qui, en toute l\u00e9galit\u00e9 et par manque de ressources financi\u00e8res, avaient saisi leurs cotisations de retraite. Parall\u00e8lement \u00e0 la m\u00eame \u00e9poque, la gestion inventait et mettait en place le cadre de l\u2019action que constitue la hi\u00e9rarchie moderne, les penseurs de l\u2019industrie soulignant alors avec vigueur l\u2019oubli des ouvriers par les patrons. Cet oubli constituera l\u2019origine majeure de la \u00ab\u00a0question ouvri\u00e8re\u00a0\u00bb qui \u00e9merge \u00e0 cette \u00e9poque. Pour r\u00e9soudre celle-ci, Glasson E. (1886, r\u00e9\u00e9dition 2006) proposa de g\u00e9n\u00e9raliser le louage de service en le substituant \u00e0 celui de louage d\u2019ouvrage par l\u2019introduction de la notion de \u00ab\u00a0contrat de travail<a title=\"\" href=\"#_ftn3\">[3]<\/a>\u00a0\u00bb dans le droit civiliste de 1804 suppos\u00e9 avoir oubli\u00e9 de l\u00e9gif\u00e9rer sur le travail de l\u2019ouvrier de la grande industrie. Cette modification des relations de travail et le d\u00e9veloppement de la hi\u00e9rarchie vont faire \u00e9merger une organisation nouvelle form\u00e9e de parties prenantes et \u00e0 laquelle on donnera le nom ancien d\u2019\u00ab\u00a0entreprise\u00a0\u00bb (Segrestin B. et Hatchuel A. (2009). Cette dynamique de changement a eu des cons\u00e9quences tr\u00e8s importantes sur la comptabilit\u00e9 en raison de l\u2019introduction des parties prenantes qui vont amener un d\u00e9placement de l\u2019objet de la comptabilit\u00e9. Celle-ci ne devait plus r\u00e9pondre \u00e0 un objectif de recouvrement de l\u2019ensemble des dettes mais devait permettre de mesurer la capacit\u00e9 de l\u2019entreprise \u00e0 s\u2019inscrire dans un processus de croissance sur une longue p\u00e9riode. Cette \u00e9volution comptable est issue de la th\u00e9orie \u00ab\u00a0unicontiste\u00a0\u00bb de Courcelle-Seneuil\u00a0J. G. (1872) et de Folsom E. G. (1873) qui envisageaient les comptes sous l\u2019angle de la s\u00e9paration de l\u2019entreprise et de ses propri\u00e9taires, lesquels deviennent ainsi de simples cr\u00e9anciers au m\u00eame titre que les autres pr\u00eateurs, ce qui remet en cause la notion m\u00eame d\u2019entreprise dans son identification par rapport \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 juridique qui la porte.<\/p>\n<p>A partir de 1900, des auteurs, notamment allemands, proposent de nouveaux modes d\u2019\u00e9valuation des comptes dans le cadre de cette organisation nouvelle qu\u2019est l\u2019entreprise. Simon H. V. (1889) propose de retenir la valeur d\u2019usage bas\u00e9e sur l\u2019actualisation des cash flows esp\u00e9r\u00e9s de l\u2019utilisation des investissements en moyens de structure et ayant le co\u00fbt d\u2019acquisition comme limite sup\u00e9rieure. Schmalenbach E. (1920, r\u00e9\u00e9dition 1961) propose de consid\u00e9rer le bilan uniquement comme un r\u00e9servoir de co\u00fbts \u00e0 r\u00e9partir. Il n\u2019est donc pas possible de d\u00e9terminer le r\u00e9sultat \u00e9conomique en dressant un bilan qui refl\u00e8te le patrimoine de l\u2019entreprise. Le r\u00e9sultat se calcule uniquement \u00e0 partir d\u2019une r\u00e9partition des co\u00fbts conforme \u00e0 l\u2019activit\u00e9 de l\u2019entreprise dans le cadre de la notion de \u00ab\u00a0continuit\u00e9 de l\u2019exploitation\u00a0\u00bb permettant de donner corps \u00e0 l\u2019hypoth\u00e8se d\u2019une entreprise form\u00e9e de parties prenantes et cr\u00e9ant un nouveau domaine de connaissances qu\u2019il appelle \u00ab\u00a0\u00e9conomie d\u2019entreprise\u00a0\u00bb. Schmidt F. (1921), contrairement \u00e0 Schmalenbach, consid\u00e8re que le b\u00e9n\u00e9fice de l\u2019entreprise n\u2019est que la variation de son patrimoine, le capital \u00e9tant de nature non mon\u00e9taire et devant \u00eatre r\u00e9\u00e9valu\u00e9 sous peine de fausser le calcul de la rentabilit\u00e9.<\/p>\n<p>D\u2019autres ph\u00e9nom\u00e8nes qui se d\u00e9roul\u00e8rent \u00e0 la m\u00eame \u00e9poque, notamment aux Etats-Unis, allaient conforter cette id\u00e9e. La crise \u00e9conomique de 1876, avec son lot de faillites et de concentrations du capital, eut comme cons\u00e9quence de faire appara\u00eetre le besoin de managers salari\u00e9s ayant re\u00e7u une formation \u00e0 la direction dans les grandes soci\u00e9t\u00e9s par actions appel\u00e9es pour cette raison \u00ab\u00a0soci\u00e9t\u00e9s\u00a0manag\u00e9riales\u00a0\u00bb. Progressivement, les actionnaires d\u00e9l\u00e9gu\u00e8rent leur pouvoir de d\u00e9cision \u00e0 ces dirigeants. En France, Fayol est l\u2019illustration m\u00eame de ce mouvement. Bien qu\u2019il soit souvent en conflit avec les actionnaires des mines de Commentry, il obtint les pleins pouvoirs de son conseil d\u2019administration apr\u00e8s avoir sauv\u00e9 celles-ci de la faillite. Ses conflits provenaient le plus souvent du fait qu\u2019il \u00ab\u00a0privil\u00e9giait les strat\u00e9gies d\u2019investissement par rapport aux dividendes\u00a0\u00bb (Segrestin B. et Hatchuel A., 2012). Ce faisant, il participait au mouvement de cr\u00e9ation de la figure du \u00ab\u00a0chef d\u2019entreprise\u00a0\u00bb \u00ab\u00a0dont le pouvoir l\u2019emporta rapidement sur celui des associ\u00e9s-actionnaires\u00a0\u00bb (Segrestin B. et Hatchuel A., 2012).<\/p>\n<p>Avec la crise de 1929 et la recherche des responsabilit\u00e9s de celle-ci, allait na\u00eetre un besoin d\u2019explication d\u2019une gouvernance caract\u00e9ris\u00e9e par l\u2019abandon progressif par les actionnaires de leur pouvoir en faveur des dirigeants comme le montre, selon Wardley P. (2009), la distinction entre \u00ab\u00a0ownership\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0control\u00a0\u00bb d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9sente en Europe d\u00e8s les ann\u00e9es 1900 avant d&rsquo;\u00eatre observ\u00e9e un peu plus tard aux \u00c9tats-Unis.<\/p>\n<p>A la m\u00eame \u00e9poque, la micro-\u00e9conomie standard, en continuant \u00e0 consid\u00e9rer l\u2019entreprise comme une \u00ab\u00a0bo\u00eete noire\u00a0\u00bb<a title=\"\" href=\"#_ftn4\">[4]<\/a>, n\u2019offrait pas un seul d\u00e9but de r\u00e9ponse \u00e0 ce probl\u00e8me alors que son fonctionnement interne \u00e9voluait consid\u00e9rablement sous l\u2019influence d\u2019acteurs comme Fayol et Taylor qui, selon Hatchuel A. (2004), permettront respectivement de penser \u00ab\u00a0l&rsquo;administration\u00a0\u00bb comme une science et \u00ab\u00a0l&rsquo;organisation du travail\u00a0\u00bb comme \u00ab\u00a0un savoir-faire qui op\u00e9rationnalise le contrat de travail en transformant la relation de travail, jusque-l\u00e0 marchande, en une relation de coop\u00e9ration et de prescription\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>C\u2019est Berle A. et Means G. (1932) qui poseront les premiers jalons explicatifs de la gouvernance en cherchant \u00e0 entrouvrir cette \u00ab\u00a0bo\u00eete noire\u00a0\u00bb qu\u2019est l\u2019entreprise \u00e0 travers le d\u00e9calage possible des int\u00e9r\u00eats entre les actionnaires et les managers du fait de la s\u00e9paration entre la propri\u00e9t\u00e9 et le contr\u00f4le dans les soci\u00e9t\u00e9s de capitaux<a title=\"\" href=\"#_ftn5\">[5]<\/a>. Le point de vue de Berle et Means fut relay\u00e9 par J. Burnham et diffus\u00e9 mondialement au d\u00e9but des ann\u00e9es 1960 par Galbraith J. K.<a title=\"\" href=\"#_ftn6\">[6]<\/a> accr\u00e9ditant l\u2019id\u00e9e que les managers, formant la \u00ab\u00a0technostructure\u00a0\u00bb, s\u2019\u00e9taient install\u00e9s en ma\u00eetres dans les fauteuils autrefois occup\u00e9s par les propri\u00e9taires. En France, la th\u00e9orie institutionnelle de l\u2019entreprise d\u00e9velopp\u00e9e par Durand et Ripert (1932, R\u00e9\u00e9dition 1991) consid\u00e9ra que l\u2019activit\u00e9 intra-firme reposait sur la coop\u00e9ration de ses diff\u00e9rentes parties prenantes et que cette coop\u00e9ration tendait vers la recherche d\u2019un objectif commun. Cette id\u00e9e d\u2019institution \u00e9mergea aussi des travaux de diff\u00e9rents juristes comme ceux de Hauriou M. (1899) cherchant \u00e0 d\u00e9voiler son caract\u00e8re collectif et pr\u00e9sentant l\u2019institution comme une activit\u00e9 ou une id\u00e9e qui s\u2019autonomise par rapport \u00e0 son cr\u00e9ateur, sa direction \u00e9tant alors soumise \u00e0 la recherche de l\u2019int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral et non d\u2019une des parties en particulier.<\/p>\n<p>Avec ces diff\u00e9rents auteurs, le mot \u00ab\u00a0entreprise\u00a0\u00bb a progressivement impos\u00e9 l\u2019id\u00e9e que cette organisation nouvelle \u00e9tait autonome de la soci\u00e9t\u00e9 commerciale qui la portait juridiquement et disposait d\u2019un patrimoine lui permettant d\u2019agir \u00e9conomiquement dans la soci\u00e9t\u00e9 en cr\u00e9ant des richesses et en d\u00e9gageant des r\u00e9sultats. La comptabilit\u00e9 \u00e9tait alors devenue celle de l\u2019entreprise dont on cherchait \u00e0 \u00e9largir le p\u00e9rim\u00e8tre au moyen de sa conception en \u00ab\u00a0parties prenantes\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>En r\u00e9action \u00e0 ces approches partenariales qui rendaient peu lisible la notion d\u2019entreprise, Coase R. (1937) et Williamson O. (1994) ont cherch\u00e9 \u00e0 en identifier la nature \u00e0 partir de son cadre contractuel qui lui permettait d\u2019\u00eatre plus efficace que le march\u00e9 tout en op\u00e9rant les m\u00eames fonctions que lui. Sur cette base et \u00e0 la suite des travaux de Alchian A. et de Demsetz H. (1972), le courant des contractualistes a mod\u00e9lis\u00e9 la mani\u00e8re dont les contrats \u00e9tablissaient des rapports de droit et d\u2019incitation plus ou moins efficaces pour expliquer l\u2019entreprise et la forme qu\u2019elle prend, notamment, selon Jensen M.C. et Meckling W.H. (1976), dans les relations qui se d\u00e9veloppent en son sein de principal \u00e0 agent. Parall\u00e8lement et de mani\u00e8re assez \u00e9tonnante, cette approche allait trouver une confirmation \u00e9clatante dans le d\u00e9veloppement de la th\u00e9orie financi\u00e8re \u00ab\u00a0moderne\u00a0\u00bb initi\u00e9e par Modigliani F. et Miller M. (1958). En partant du th\u00e9or\u00e8me du capital-valeur formul\u00e9 par Irving Fischer, ils affirm\u00e8rent que, dans un monde sans taxes, exon\u00e9r\u00e9 de co\u00fbts de transaction et sous l&rsquo;hypoth\u00e8se de l&rsquo;efficience des march\u00e9s, la valeur marchande de l&rsquo;actif \u00e9conomique d\u2019une entreprise n&rsquo;\u00e9tait pas affect\u00e9e par le choix d&rsquo;une structure de financement entre capitaux propres et dettes. Cela revenait \u00e0 dire que les dirigeants pouvaient choisir la meilleure combinaison possible de ces deux sources de financement ind\u00e9pendamment des choix \u00e9ventuellement contraires des actionnaires. Plus tard, Merton R. (1973) publia un article montrant que l\u2019on pouvait obtenir la stabilit\u00e9 d\u2019un portefeuille de titres en combinant, selon la proportion appropri\u00e9e, des op\u00e9rations de vente ou d\u2019achat sur les titres eux-m\u00eames et sur les options qui en sont des produits d\u00e9riv\u00e9s. Or, son mod\u00e8le \u00e9tait fond\u00e9 sur l&rsquo;hypoth\u00e8se d&rsquo;une action qui ne donne aucun dividende entre le moment de l&rsquo;\u00e9valuation de l&rsquo;option et l&rsquo;\u00e9ch\u00e9ance de celle-ci, ce qui revenait \u00e0 nier l&rsquo;existence d&rsquo;un authentique march\u00e9 du capital et \u00e0 promouvoir comme crit\u00e8re d\u2019une bonne gestion la plus-value sp\u00e9culative sur le cours des titres. Ces mod\u00e8les qui justifiaient le recours \u00e0 l\u2019endettement et \u00e0 la sp\u00e9culation ont amen\u00e9 les dirigeants \u00e0 penser que le capital poss\u00e9dait un co\u00fbt et, dans le but de faire jouer l\u2019\u00ab\u00a0effet de levier\u00a0\u00bb, \u00e0 comparer celui-ci \u00e0 celui de l\u2019endettement, ce qui leur permettait effectivement de choisir la meilleure combinaison possible de ces deux sources de financement. Dans ces conditions, l\u2019id\u00e9e que l\u2019entreprise \u00e9tait une entit\u00e9 ext\u00e9rieure aux propri\u00e9taires se trouvait fortement confort\u00e9e. Son dirigeant pouvait prendre des d\u00e9cisions d\u2019investissement non-conformes au meilleur int\u00e9r\u00eat des actionnaires parce qu\u2019il n\u2019avait pas \u00e0 \u00ab\u00a0supporter\u00a0\u00bb le \u00ab\u00a0co\u00fbt des capitaux investis\u00a0\u00bb et parce qu\u2019il ne percevait aucune \u00ab\u00a0r\u00e9mun\u00e9ration\u00a0\u00bb en contrepartie de la valeur cr\u00e9\u00e9e pour eux. Pour \u00e9viter que cela se produise, les syst\u00e8mes de r\u00e9mun\u00e9ration des dirigeants furent align\u00e9s sur les m\u00e9thodes d\u2019affectation des capitaux, ce qui permit d\u2019adapter le fonctionnement de l&rsquo;entreprise sur la cr\u00e9ation de \u00ab\u00a0valeur actionnariale\u00a0\u00bb qui a \u00e9t\u00e9 popularis\u00e9e par les notions de valeurs ajout\u00e9e \u00e9conomique (EVA) et de valeur ajout\u00e9e de march\u00e9 (MVA). Ainsi, la conception agentielle de l\u2019entreprise, qui est aujourd\u2019hui la vision dominante, a abouti \u00e0 la concevoir de mani\u00e8re contradictoire, d\u2019une part, comme \u00e9tant autonome par la reconnaissance de la notion de \u00ab\u00a0co\u00fbt du capital\u00a0\u00bb tout en \u00e9tant, d\u2019autre part, enti\u00e8rement subordonn\u00e9e aux propri\u00e9taires du capital par celle de \u00ab\u00a0valeur actionnariale\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Face \u00e0 cette \u00e9volution s\u2019est d\u00e9velopp\u00e9e une conception faisant de l\u2019entreprise une entit\u00e9 dont la conduite devrait \u00eatre soumise \u00e0 la recherche d\u2019un int\u00e9r\u00eat transcendant soulignant sa dimension partenariale. Des auteurs comme Aglietta M. et Reb\u00e9rioux A. (2004) estiment qu\u2019en reconnaissant que les contrats sont incomplets, une place \u00e9tait donn\u00e9e au hors contrat dans la coordination en m\u00eame temps que la responsabilit\u00e9 des dirigeants s\u2019\u00e9largissait dans l\u2019affirmation du collectif. Selon Williamson O. (1994), pour limiter le risque d\u2019un mode strictement centr\u00e9 sur les d\u00e9tenteurs du capital social, les principes de gouvernance ont d\u2019abord \u00e9t\u00e9 \u00e9tendus \u00e0 une gestion collective du capital physique (Blair M. et Stout L. (1999) pour s\u2019attacher au final \u00e0 la protection de l\u2019int\u00e9grit\u00e9 de la firme r\u00e9duisant par l\u00e0-m\u00eame progressivement la validit\u00e9 d\u2019une analyse contractuelle.<\/p>\n<p>Ces d\u00e9bats contradictoires reposent tous sur l\u2019id\u00e9e que l\u2019entreprise existe \u00e9conomiquement et par cons\u00e9quent qu\u2019il existe une comptabilit\u00e9 d\u2019entreprise dont l\u2019objet serait, soit selon la conception dominante d\u2019\u00e9valuer les comptes en \u00ab\u00a0juste valeur\u00a0\u00bb au service des actionnaires, soit dans sa conception partenariale d\u2019\u00e9tendre l\u2019\u00e9valuation des comptes aux <strong>invisibles, \u00e0 l&rsquo;informel et \u00e0 l&rsquo;impr\u00e9visible<\/strong>. Nous pensons que ces deux conceptions ne rendent pas compte de l\u2019objet de la comptabilit\u00e9 et de ce qui doit \u00eatre enregistr\u00e9 dans les comptes.<\/p>\n<p>Comme nous allons le montrer dans le paragraphe suivant, seule la soci\u00e9t\u00e9 qui porte juridiquement l\u2019entreprise poss\u00e8de un patrimoine engag\u00e9 dans de nombreux processus d\u2019\u00e9change sur les march\u00e9s qui sont les seuls \u00e0 pouvoir \u00eatre enregistr\u00e9s en comptabilit\u00e9, ce qui nous am\u00e8ne \u00e0 devoir pr\u00e9ciser ce que sont les \u00ab\u00a0fronti\u00e8res de la comptabilit\u00e9\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong><span style=\"text-decoration: underline;\">1.2\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Les \u00ab\u00a0Fronti\u00e8res\u00a0\u00bb de la comptabilit\u00e9 et la notion d\u2019image fid\u00e8le<\/span><\/strong><\/p>\n<p>L&rsquo;entreprise est devenue une \u00e9vidence. Capable, d\u00e8s le d\u00e9but du XX<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle, de manier les sciences et l&rsquo;industrie, elle \u00e9merveille et inqui\u00e8te. Elle donne lieu \u00e0 des progr\u00e8s spectaculaires, \u00e0 des innovations techniques radicales et \u00e0 des transformations sociales profondes. Concernant les plus petites affaires aux plus grandes multinationales, elle sert d\u00e9sormais de r\u00e9f\u00e9rence incontournable. Enracin\u00e9e dans l\u2019inconscient collectif, elle ne fait plus l\u2019objet d\u2019une remise en cause. Il ne reste plus qu\u2019\u00e0 en tracer les limites en d\u00e9terminant ce qui doit \u00eatre \u00e9valu\u00e9 ou non pour que la comptabilit\u00e9 puisse en donner une image fid\u00e8le conform\u00e9ment \u00e0 la d\u00e9finition que donne de la comptabilit\u00e9 le Plan Comptable G\u00e9n\u00e9ral de 1999 modifi\u00e9 dans sa version de 2006\u00a0:<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0<i>La comptabilit\u00e9 est un syst\u00e8me d\u2019organisation de l\u2019information financi\u00e8re permettant de saisir, classer, enregistrer des donn\u00e9es de base chiffr\u00e9es et pr\u00e9senter des \u00e9tats refl\u00e9tant une image fid\u00e8le du patrimoine, de la situation financi\u00e8re et du r\u00e9sultat de l\u2019entit\u00e9 \u00e0 la date de cl\u00f4ture<\/i>\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Cette d\u00e9finition marque une \u00e9volution dans la mesure o\u00f9 l\u2019image fid\u00e8le est d\u00e9sormais plac\u00e9e au rang d\u2019unique objectif de la comptabilit\u00e9 en remplacement du triptyque traditionnel \u00ab\u00a0prudence, r\u00e9gularit\u00e9, sinc\u00e9rit\u00e9\u00a0\u00bb d\u00e9fini dans le Plan Comptable G\u00e9n\u00e9ral 1982 qui ne faisait pas r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 cette notion dans sa terminologie<a title=\"\" href=\"#_ftn7\">[7]<\/a>.<\/p>\n<p>Compl\u00e9t\u00e9e par l\u2019article 123-15 du Code de Commerce pr\u00e9voyant que \u00ab\u00a0<i>Le bilan, le compte de r\u00e9sultat et l&rsquo;annexe doivent comprendre autant de rubriques et de postes qu&rsquo;il est n\u00e9cessaire pour donner une image fid\u00e8le du patrimoine, de la situation financi\u00e8re et du r\u00e9sultat de l&rsquo;entreprise\u00a0<\/i>\u00bb, cette d\u00e9finition ent\u00e9rine l\u2019id\u00e9e que l\u2019entreprise dispose d\u2019un patrimoine \u00e9conomique dont il faut pouvoir \u00e9valuer comptablement tous les \u00e9l\u00e9ments susceptibles d\u2019en donner une image fid\u00e8le dont ceux, notamment, qui sont \u00ab\u00a0invisibles, informels ou impr\u00e9visibles\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Cette conception ne nous semble pas correspondre \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 dans la mesure o\u00f9, si l&rsquo;\u00c9tat s\u2019est saisi de l\u2019entreprise et lui a permis de se d\u00e9ployer, il ne lui a jamais reconnu de qualification juridique particuli\u00e8re qui pourrait permettre de dire, sans ambigu\u00eft\u00e9 possible, qu\u2019elle est autonome de la soci\u00e9t\u00e9 juridique qui la porte et qu\u2019elle poss\u00e8de r\u00e9ellement un patrimoine \u00e9conomique qu\u2019elle utilise dans ses activit\u00e9s. Or, faute de reconna\u00eetre l&rsquo;entreprise, il a aliment\u00e9 la confusion avec les personnes juridiques, individuelles ou soci\u00e9taires, dont les normes lui ont simplement \u00e9t\u00e9 \u00e9tendues notamment en lui attribuant fictivement un patrimoine qui fait d\u2019elle une entit\u00e9 \u00e9conomique autonome tout en restant \u00ab\u00a0cach\u00e9e\u00a0\u00bb sous l&rsquo;id\u00e9e de la propri\u00e9t\u00e9, les actionnaires des soci\u00e9t\u00e9s \u00e9tant suppos\u00e9s en \u00eatre les propri\u00e9taires. Cette conception a permis de consid\u00e9rer les actionnaires comme des cr\u00e9anciers dont les apports repr\u00e9sentaient un \u00ab\u00a0co\u00fbt\u00a0\u00bb pour l\u2019entreprise sous l\u2019appellation de \u00ab\u00a0co\u00fbt du capital\u00a0\u00bb. Cette notion tr\u00e8s contestable trouva sa justification dans les travaux de Modigliani F. et Miller M. (1958) (voir ci-dessus, page 6) qui affirm\u00e8rent en 1958 que par l\u2019acceptation de la notion d\u2019\u00ab\u00a0effet de levier\u00a0\u00bb, le capital poss\u00e9dait un \u00ab\u00a0co\u00fbt\u00a0\u00bb<a title=\"\" href=\"#_ftn8\">[8]<\/a> que les dirigeants pouvaient comparer \u00e0 celui de l\u2019endettement pour choisir la meilleure combinaison possible de ces deux sources de financement. Or, dans le mod\u00e8le de la soci\u00e9t\u00e9, les associ\u00e9s, qui investissent leur \u00e9pargne pour former le capital social, en attendent une r\u00e9mun\u00e9ration qu\u2019ils obtiennent en dirigeant eux-m\u00eames ou \u00e0 un directeur \u00e0 qui ils d\u00e9l\u00e8guent leur pouvoir sur les moyens permettant de mettre en \u0153uvre l\u2019acte d\u2019entreprendre. De ce fait, si les int\u00e9r\u00eats des pr\u00eats des cr\u00e9anciers sont bien comptabilis\u00e9s comme une charge car ils doivent \u00eatre pris en compte avant que les \u00e9changes sur les march\u00e9s ne se produisent, les actionnaires attendent de leur investissement un profit qui ne peut pas \u00eatre trait\u00e9 de la m\u00eame mani\u00e8re puisqu\u2019il n\u2019appara\u00eet que lorsque les \u00e9changes sont r\u00e9alis\u00e9s.<\/p>\n<p>La logique est donc la suivante\u00a0: le \u00ab\u00a0co\u00fbt du capital\u00a0\u00bb justifie l\u2019autonomie de l\u2019entreprise par rapport \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 qui la porte et cette autonomie am\u00e8ne \u00e0 vouloir \u00e9tendre le domaine de la comptabilit\u00e9 aux \u00e9l\u00e9ments difficilement quantifiables qu\u2019ils soient invisibles, informels ou impr\u00e9visibles.<\/p>\n<p>Nous pensons que l\u2019entreprise ne poss\u00e8de aucun des droits suppos\u00e9s pr\u00e9c\u00e9demment \u00a0puisqu\u2019elle n\u2019est pas reconnue juridiquement (Ripert G., 1951)<a title=\"\" href=\"#_ftn9\">[9]<\/a>. Pour Segrestin B. et Hatchuel A. (2012), \u00ab\u00a0celle-ci [l\u2019entreprise] n\u2019est jamais devenue un objet propre du droit\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Si l\u2019entreprise ne poss\u00e8de aucune autonomie juridique, elle peut se concevoir (Segrestin B. et Hatchuel A., 2012) comme une organisation dont l\u2019objectif est de pr\u00e9parer avec la plus grande efficacit\u00e9 possible l\u2019acte d\u2019\u00e9change sur les march\u00e9s en cr\u00e9ant de nouvelles ressources productives et de nouveaux savoirs collectifs, ce qui n\u00e9cessite de coordonner les actions individuelles par la hi\u00e9rarchie au sommet de laquelle se trouve l\u2019autorit\u00e9 de gestion. Fayol avait d\u00e9j\u00e0 d\u00e9fendu cette latitude manag\u00e9riale n\u00e9cessaire pour structurer une action collective o\u00f9 les int\u00e9r\u00eats des parties sont momentan\u00e9ment suspendus au profit de l&rsquo;avenir de l&rsquo;entreprise. C\u2019est ce que fait le droit en reconnaissant que le chef d\u2019entreprise \u00ab\u00a0n\u2019est ni un capitaliste, ni un inventeur, ni m\u00eame un entrepreneur\u00a0\u00bb mais \u00ab\u00a0d\u2019abord un employeur\u00a0\u00bb, qui se trouve dot\u00e9 \u00ab\u00a0en corollaire du contrat de travail, des pouvoirs de direction vis-\u00e0-vis des travailleurs\u00a0\u00bb (Segrestin B. et Hatchuel A., 2012). Ainsi, selon Segrestin B. et Hatchuel A. (2009), \u00ab \u2026 l\u2019objectif de la gestion ne se r\u00e9duit pas \u00e0 la r\u00e9mun\u00e9ration des individus : il consiste plus fondamentalement \u00e0 g\u00e9n\u00e9rer les ressources qui permettront \u00e0 l\u2019entreprise de prosp\u00e9rer et de se d\u00e9velopper. Il s\u2019agit pour les dirigeants de construire des ressources nouvelles, que ce soit des capitaux<a title=\"\" href=\"#_ftn10\">[10]<\/a>, des comp\u00e9tences, des brevets ou une image de marque. Ce sont des \u00ab potentiels \u00bb, en tant que ressources \u00ab en puissance \u00bb, que l\u2019entreprise s\u2019attache \u00e0 produire. Les r\u00e9mun\u00e9rations individuelles sont une condition de l\u2019action collective, tandis que l\u2019objectif de la gestion est la cr\u00e9ation de potentiels collectifs, c\u2019est-\u00e0-dire des capacit\u00e9s cr\u00e9\u00e9es pour l\u2019action collective. \u00bb. Il appara\u00eet ainsi que les actionnaires ne sont pas davantage impliqu\u00e9s ou soumis au risque que les salari\u00e9s m\u00eame si l\u2019on doit reconna\u00eetre qu\u2019ils ont une ant\u00e9riorit\u00e9 dans l\u2019acte de constitution de l\u2019entreprise, d\u2019o\u00f9 d\u00e9coulent leurs droits de propri\u00e9t\u00e9. La gestion de l\u2019entreprise sous l\u2019autorit\u00e9 des dirigeants sera d&rsquo;autant plus performante qu&rsquo;elle parviendra \u00e0 faire fructifier les ressources qu\u2019ils apportent. Dans cette perspective, les actionnaires et les salari\u00e9s doivent \u00eatre r\u00e9mun\u00e9r\u00e9s de mani\u00e8re juste pour leurs contributions individuelles, les actionnaires au minimum par le profit (c\u2019est-\u00e0-dire hors rente) et les salari\u00e9s par la r\u00e9mun\u00e9ration convenue d&rsquo;avance dans le contrat de travail.<\/p>\n<p>Segrestin B. et Hatchuel A. (2012) proposent pour l\u2019entreprise \u00ab\u00a0une nouvelle option juridique [qu\u2019ils appellent] \u201csoci\u00e9t\u00e9 \u00e0 objet social \u00e9tendu\u201d (SOSE) [\u2026] qui se d\u00e9marquerait d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 classique par l\u2019insertion, dans son objet social, d\u2019objectifs \u00e9conomiques, sociaux ou environnementaux\u00a0\u00bb. Cette proposition montre que l\u2019entreprise est encore actuellement une fiction \u00e9conomique ne pouvant pas faire l\u2019objet d\u2019une comptabilit\u00e9. Par contre, la soci\u00e9t\u00e9 qui la porte juridiquement, n\u2019est pas charg\u00e9e, comme l\u2019entreprise, de pr\u00e9parer efficacement l\u2019acte d\u2019\u00e9change sur les march\u00e9s mais d\u2019enregistrer les op\u00e9rations d\u2019\u00e9change qui permettront de d\u00e9terminer si celles-ci sont porteuses de richesses \u00e9conomiques nouvelles \u00e0 travers la mesure du profit et de la rente ou si, au contraire, elles d\u00e9truisent en partie ou en totalit\u00e9 l\u2019\u00e9pargne investie.<\/p>\n<p>De cette distinction, il ressort que l\u2019entreprise ne peut pas servir \u00e0 d\u00e9finir les fronti\u00e8res de la comptabilit\u00e9. Seule, la soci\u00e9t\u00e9 peut remplir ce r\u00f4le en permettant l\u2019enregistrement des \u00e9changes. Le r\u00f4le de l\u2019entreprise est de cr\u00e9er des biens et des services. Ce faisant, elle ne cr\u00e9e pas de valeur \u00e0 l\u2019occasion de la mise en \u0153uvre des processus de production puisque celle-ci n\u2019appara\u00eet qu\u2019au moment de l\u2019\u00e9change sur le march\u00e9. Elle n\u2019a donc pas \u00e0 enregistrer d\u2019\u00e9valuations comptables puisqu\u2019elle n\u2019intervient pas dans la cr\u00e9ation de valeur.<\/p>\n<p>Nous allons montrer en d\u00e9tail dans les paragraphes suivants que la comptabilit\u00e9 n\u2019enregistre que la reproduction de la valeur dans le temps.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><b><span style=\"text-decoration: underline;\">2.\u00a0\u00a0 Comptabilit\u00e9 et reproduction de la valeur dans le temps<\/span><\/b><\/p>\n<p><b><span style=\"text-decoration: underline;\">2.1\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Valeur comp\u00e9tence et nombre comptable<\/span><\/b><\/p>\n<p>Pour justifier que l\u2019objet de la comptabilit\u00e9 est d\u2019expliquer la mani\u00e8re dont la valeur se reproduit dans le temps, nous devons doter le nombre comptable de caract\u00e9ristiques qui permettent de d\u00e9finir le mode d\u2019\u00e9valuation \u00e0 retenir. Or, traditionnellement, les positions des chercheurs et des patriciens reposent sur une conception mon\u00e9taire de celui-ci. Ils ne retiennent que les grandeurs enregistr\u00e9es mon\u00e9tairement dans les comptes, au bilan ou au compte de r\u00e9sultat, qu\u2019ils s\u2019agissent d\u2019un prix ou d\u2019un co\u00fbt. Ainsi, pour Penglaou (1963), la comptabilit\u00e9 enregistre des prix, ce qui la \u00ab\u00a0limite dans la mesure de la r\u00e9alit\u00e9\u00a0\u00bb mais lui permet de \u00ab\u00a0repr\u00e9senter les aspects juridique, fiscal, \u00e9conomique ou administratif\u00a0\u00bb de celle-ci. L\u2019\u00e9valuation comptable n\u00e9cessite le recours au \u00ab\u00a0prix\u00a0\u00bb qui appartient \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 puisqu\u2019il r\u00e9sulte d\u2019un \u00e9quilibre entre le montant minimum inf\u00e9rieur qu\u2019accepterait l\u2019offreur pour vendre et celui maximum sup\u00e9rieur d\u2019acquisition pour l\u2019acheteur. C\u2019est ce prix auquel se r\u00e9alise l\u2019\u00e9change qui sera ensuite enregistr\u00e9 dans un compte. Cette d\u00e9marche para\u00eet la seule qui soit acceptable\u00a0: il faut partir des prix tels que nous les observons. Il s\u2019agit ensuite d\u2019expliquer comment ils se forment et s\u2019agencent entre eux pour construire le bilan et le compte de r\u00e9sultat, mais non de se poser des questions sur leurs origines car celles-ci reviendraient \u00e0 se demander pourquoi les prix existent, question que nous pouvons consid\u00e9rer comme relevant de la scolastique et non de la comptabilit\u00e9.<\/p>\n<p>Cependant, nous ne pensons pas que le probl\u00e8me \u00e0 r\u00e9soudre se pose dans ces termes. Pour nous, il consiste \u00e0 d\u00e9terminer le champ d&rsquo;investigation de la comptabilit\u00e9, ce qui suppose qu\u2019elle d\u00e9finisse avec pr\u00e9cision son objet\u00a0: s&rsquo;il suffit de constater qu&rsquo;un nombre repr\u00e9sentatif d\u2019un prix s\u2019enregistre dans un compte, o\u00f9 s&rsquo;arr\u00eate l&#8217;emprise de la comptabilit\u00e9\u00a0? C\u2019est ainsi que les comptables enregistrent de la m\u00eame mani\u00e8re un contrat ordinaire d\u2019achat et un contrat d\u2019achat assorti d\u2019une clause de r\u00e9serve de propri\u00e9t\u00e9 mais r\u00e9serve un autre traitement aux contrats en cr\u00e9dit-bail. Si cette h\u00e9t\u00e9rog\u00e9n\u00e9it\u00e9 ne semble pas les troubler, c&rsquo;est que la pratique comptable est fond\u00e9e sur des conventions (Amblard, 1999) qui les dispensent de clarifier les concepts dont ils se servent. Il s\u2019ensuit que la condition n\u00e9cessaire et suffisante pour qu&rsquo;un prix quelconque soit enregistr\u00e9 en comptabilit\u00e9 est qu\u2019il fasse l\u2019objet d\u2019une pratique commune. La comptabilit\u00e9 est donc, par nature extensible \u00e0 toutes sortes de pratiques, les faits comptables formant alors un ensemble qu&rsquo;il est impossible de limiter\u00a0: o\u00f9 s&rsquo;arr\u00eate la comptabilit\u00e9 et o\u00f9 commence, par exemple, la gestion financi\u00e8re\u00a0? La difficult\u00e9 se trouve accrue parce que, comme le disait Penglaou (1963), la comptabilit\u00e9 semble associ\u00e9e non pas \u00e0 une, mais \u00e0 plusieurs choses \u00e0 la fois\u00a0: contr\u00f4le juridique, contr\u00f4le du personnel, gestion \u00e9conomique, gestion financi\u00e8re. C\u2019est dire toute l&rsquo;importance que rev\u00eat la question de l\u2019objet de l\u2019enregistrement comptable pour expliquer comment se forment et se structurent les prix sur les march\u00e9s. Par exemple, lorsque Littleton (1953) \u00e9voque l\u2019opposition entre la valeur de march\u00e9 et le co\u00fbt historique, il confond le concept de valeur avec la r\u00e9alit\u00e9 du prix sur le march\u00e9, le co\u00fbt historique \u00e9tant lui-m\u00eame \u00e9valu\u00e9 mon\u00e9tairement. Ce glissement s\u00e9mantique de la valeur au prix nuit \u00e0 la compr\u00e9hension des ph\u00e9nom\u00e8nes que nous voulons expliquer car le r\u00e9el constat\u00e9 \u00e0 travers le prix est contingent \u00e0 un moment donn\u00e9 de l\u2019histoire emp\u00eachant de fournir des concepts qui soient <i>a historique<\/i> afin d\u2019expliquer les pratiques quel que soit le moment que l\u2019on consid\u00e8re. Pour lever cet \u00e9cueil, nous proposons un raisonnement qui s\u2019inscrit dans la logique s\u2019appliquant sur un champ homog\u00e8ne de concepts garantissant que nous ne les confondons pas avec leur expression r\u00e9elle dans l\u2019histoire. C\u2019est pourquoi nous introduisons le concept de \u00ab\u00a0valeur-comp\u00e9tence\u00a0\u00bb qui ne doit pas \u00eatre confondue avec le prix qui sert \u00e0 l\u2019exprimer et qui ne prend d&rsquo;existence que dans son inscription dans un compte. L\u2019\u00e9criture des prix dans les comptes ne doit pas \u00eatre con\u00e7ue comme \u00e9tant de la \u00ab\u00a0cr\u00e9ation de valeur\u00a0\u00bb car sur les march\u00e9s, on n&rsquo;\u00e9change pas des \u00ab\u00a0prix\u00a0\u00bb mais des biens et des services. La cr\u00e9ation de valeur ne peut donc \u00eatre associ\u00e9e qu\u2019\u00e0 la possibilit\u00e9 de disposer, d&rsquo;une p\u00e9riode \u00e0 l&rsquo;autre, d&rsquo;une plus grande quantit\u00e9 de biens et de services, lesquels sont produits, stock\u00e9s et distribu\u00e9s gr\u00e2ce aux actifs dont l&rsquo;entreprise dispose. A ce titre, la valeur-comp\u00e9tence que nous proposons est un co\u00fbt social th\u00e9orique associ\u00e9 \u00e0 un certain nombre d\u2019heures de travail et d\u00e9pendant, pour chaque produit fabriqu\u00e9 et vendu, de l\u2019\u00e9tat de d\u00e9veloppement scientifique de la soci\u00e9t\u00e9.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<div align=\"center\">\n<table border=\"1\" cellspacing=\"0\" cellpadding=\"0\">\n<tbody>\n<tr>\n<td width=\"187\">\n<p align=\"center\"><b>Domaine de la th\u00e9orie<\/b><\/p>\n<\/td>\n<td width=\"59\">\n<p align=\"center\"><b>\u00a0<\/b><\/p>\n<\/td>\n<td width=\"99\">\n<p align=\"center\"><b>\u00a0<\/b><\/p>\n<\/td>\n<td width=\"174\">\n<p align=\"center\"><b>Domaine de la r\u00e9alit\u00e9<\/b><\/p>\n<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"187\">\n<p align=\"center\"><b>Valeur-comp\u00e9tence th\u00e9orique<\/b><\/p>\n<\/td>\n<td colspan=\"2\" width=\"158\"><\/td>\n<td width=\"174\">\n<p align=\"center\"><b>Prix<\/b><\/p>\n<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"187\">\n<p align=\"center\"><b>Co\u00fbt social th\u00e9orique<\/b><\/p>\n<\/td>\n<td width=\"59\"><\/td>\n<td width=\"99\">\n<p align=\"center\"><b>\u00a0<\/b><\/p>\n<\/td>\n<td width=\"174\">\n<p align=\"center\"><b>Co\u00fbt historique r\u00e9el<\/b><\/p>\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<\/div>\n<p>Repartant de la d\u00e9finition de la valeur en fonction du temps de travail qui en a \u00e9t\u00e9 donn\u00e9e par les fondateurs de l\u2019\u00e9conomie, nous la pr\u00e9cisons par la notion de comp\u00e9tence\u00a0: dans une soci\u00e9t\u00e9 donn\u00e9e, \u00e0 chaque instant, le temps de travail n\u00e9cessaire pour produire les biens est fonction du niveau de comp\u00e9tence qu\u2019elle a atteint, laquelle entretenant de son c\u00f4t\u00e9 des relations tr\u00e8s \u00e9troites avec le temps de travail n\u00e9cessaire pour l\u2019acqu\u00e9rir. Or, les classiques comme les marxistes font de la valeur une grandeur qui trouve son intelligibilit\u00e9 hors de l\u2019\u00e9change dans telle quantit\u00e9 de travail ou de force de travail selon les cas et consid\u00e9r\u00e9s comme des attributs des produits. Les n\u00e9o-classiques, sur la base de l\u2019utilit\u00e9 et non plus du travail, font aussi de celle-ci un attribut des produits.<\/p>\n<p>Contrairement \u00e0 ces fondateurs de l\u2019\u00e9conomie, nous proposons de concevoir la valeur comme un simple nombre inscriptible dans un compte et dont la notion de comp\u00e9tence qui permet de l\u2019utiliser pour expliquer les \u00e9changes n\u2019est jamais un attribut du produit. Nous postulons simplement que la valeur que nous d\u00e9finissons ne sert qu\u2019\u00e0 comparer les produits entre eux de mani\u00e8re \u00e0 en tirer des rapports d\u2019\u00e9change qui n\u2019ont aucune existence r\u00e9elle. Autrement dit, les rapports d\u2019\u00e9change des produits offerts et demand\u00e9s sur le march\u00e9 ne proviennent pas de leur nature mais de la comparaison de leurs valeurs, celles-ci s\u2019exprimant dans la r\u00e9alit\u00e9 \u00e0 travers leurs prix qui repr\u00e9sentent un autre produit appel\u00e9 \u00ab\u00a0monnaie\u00a0\u00bb. Il pourrait \u00eatre alors tentant de confondre la valeur avec cette monnaie comme l\u2019a fait Marx en disant que la valeur, en devenant du capital subissant des changements continuels d\u2019aspects et de grandeur, doit poss\u00e9der une forme propre au moyen de laquelle son identit\u00e9 puisse \u00eatre constat\u00e9e. Et cette forme propre, elle ne la poss\u00e8de que dans l\u2019argent. Ce serait donc sous la forme d\u2019argent que le capital serait apparu dans l\u2019histoire au 16<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle selon Marx qui voit dans celui-ci une valeur d\u2019\u00e9change avant d\u2019y voir une valeur d\u2019usage, ce qui semble laisser entendre que cette valeur d\u2019\u00e9change puisse exister de mani\u00e8re ind\u00e9pendante alors qu\u2019il lui faut toujours comme support une valeur d\u2019usage pour appara\u00eetre. Nous n\u2019adh\u00e9rons pas \u00e0 cette th\u00e8se empirique de Marx faisant de l\u2019argent l\u2019expression de la valeur d\u2019\u00e9change car nous d\u00e9ployons notre raisonnement dans un champ homog\u00e8ne qui ne m\u00e9lange pas le concept de valeur qui n\u2019est qu\u2019une id\u00e9e avec la r\u00e9alit\u00e9 historique de cet instrument cr\u00e9\u00e9 par l\u2019homme qu\u2019est l\u2019argent. Si l\u2019apparition de la monnaie est un \u00e9v\u00e9nement que l\u2019on peut dater dans l\u2019histoire, la valeur d\u2019\u00e9change est un concept qui n\u2019a, de par sa nature, aucune existence historique.<\/p>\n<p>Si nous privil\u00e9gions la comp\u00e9tence dans la formation de la valeur d\u2019\u00e9change, c\u2019est parce que le d\u00e9veloppement de l\u2019automatisation des processus de production et celui de la soci\u00e9t\u00e9 toute enti\u00e8re sur les nouvelles technologies informatiques r\u00e9clament de la part des salari\u00e9s et des citoyens une capacit\u00e9 suffisante \u00e0 l\u2019abstraction des outils utilis\u00e9s qui ne rel\u00e8ve pas du travail fourni en tant que d\u00e9pense d\u2019\u00e9nergie comme c\u2019\u00e9tait le cas il y a deux si\u00e8cles. Ainsi, Le rythme d&rsquo;\u00e9volution de la comp\u00e9tence, qui d\u00e9pend essentiellement du progr\u00e8s technique, n&rsquo;est pas constant dans le temps. Cr\u00e9er de la richesse d&rsquo;une p\u00e9riode \u00e0 l&rsquo;autre dans la r\u00e9alit\u00e9 signifie, en d\u00e9finitive, ne pas perdre de valeur dans la th\u00e9orie et c&rsquo;est le r\u00f4le de la comptabilit\u00e9 que de constater dans les comptes cette reproduction de la valeur dans le temps. Mais, pour que le raisonnement comptable se d\u00e9ploie logiquement, il est n\u00e9cessaire que le champ de d\u00e9finition des faits comptables soit homog\u00e8ne. A ce titre, nous devons \u00e9vacuer un certain nombre de faits qui pourraient \u00eatre l\u2019objet d\u2019une inscription dans un tableau \u00e0 deux colonnes sans qu\u2019ils soient pour autant comptables au sens o\u00f9 nous entendons ce mot. Il s\u2019agit en particulier de la valorisation de la comp\u00e9tence des salari\u00e9s (Amblard, 1999). Celle-ci ne peut pas \u00eatre enregistr\u00e9e en comptabilit\u00e9 car si la structure de comp\u00e9tences est la cause des produits fabriqu\u00e9s et vendus, elle ne peut elle-m\u00eame \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme un effet dont elle serait sa propre cause. Si c\u2019\u00e9tait le cas, notre champ de d\u00e9finition de la comptabilit\u00e9 perdrait son homog\u00e9n\u00e9it\u00e9. Il en est aussi de la \u00ab\u00a0comptabilit\u00e9 verte\u00a0\u00bb encore appel\u00e9e \u00ab\u00a0comptabilit\u00e9 de l\u2019environnement\u00a0\u00bb, non pas qu\u2019il ne soit pas \u00e9ventuellement possible d\u2019en tenir une, mais parce l\u2019objectif premier des faits environnementaux n\u2019est pas la reproduction de la valeur comp\u00e9tence dans le temps mais la d\u00e9finition des mesures qui permettraient de montrer que l\u2019environnement est respect\u00e9. Si l\u2019on prend, par exemple, le choix d\u2019un investissement respectueux de l\u2019environnement, son enregistrement comptable sera le m\u00eame qu\u2019un autre qui n\u2019est pas pr\u00e9vu pour cela, ses caract\u00e9ristiques propres touchant \u00e0 l\u2019environnement pouvant simplement faire l\u2019objet d\u2019un document descriptif de mani\u00e8re extra-comptable.<\/p>\n<p>Le domaine comptable que nous retenons est celui des op\u00e9rations marchandes \u00e0 l\u2019exclusion de toutes autres.<\/p>\n<p>La valeur-comp\u00e9tence telle que l\u2019avons d\u00e9finie n\u00e9cessite une pr\u00e9cision. Pour produire un bien ou un service, on utilise des objets qui sont les produits d\u2019un travail ancien, c\u2019est-\u00e0-dire d\u2019une comp\u00e9tence ancienne. On va appliquer sur ces objets un travail nouveau qui sera l\u2019expression d\u2019une comp\u00e9tence nouvelle. Par cons\u00e9quent, la valeur-comp\u00e9tence est form\u00e9e par ces deux \u00e9l\u00e9ments que nous appellerons dans le paragraphe suivant \u00ab\u00a0structure de comp\u00e9tence\u00a0\u00bb. Cela signifie aussi que, du point de vue du m\u00e9canisme de l\u2019\u00e9change, il convient de distinguer pr\u00e9cis\u00e9ment le remplacement de la valeur-comp\u00e9tence des objets qui sont les produits d\u2019un travail ancien et la production d\u2019un profit potentiel (tant que les biens et services ne sont pas vendus sur le march\u00e9) par la valeur-comp\u00e9tence des objets qui sont les produits d\u2019un travail nouveau.<\/p>\n<p>Ayant pr\u00e9cis\u00e9 ce que l\u2019on entend par valeur-comp\u00e9tence et la relation entre celle-ci et le prix, nous allons voir maintenant ce que la comptabilit\u00e9 enregistre lorsqu\u2019elle saisit un \u00e9change sur un march\u00e9 dans le cadre des liaisons qui existent entre les ph\u00e9nom\u00e8nes participant \u00e0 celui-ci.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><b><span style=\"text-decoration: underline;\">2 \u2013 L\u2019enregistrement comptable de l\u2019\u00e9change<\/span><\/b><\/p>\n<p>La comptabilit\u00e9 \u00e9tant charg\u00e9e d\u2019enregistrer des \u00e9changes sur les march\u00e9s sous l\u2019angle de la reproduction de la valeur dans le temps, cela suppose pour justifier le mode d\u2019\u00e9valuation du nombre comptable que nous pr\u00e9cisions au pr\u00e9alable les caract\u00e9ristiques de ces \u00e9changes tels qu\u2019ils sont accept\u00e9s dans la soci\u00e9t\u00e9 civile o\u00f9 ils ont lieu.<\/p>\n<p>Les recherches des anthropologues comme Schmandt-Besserat D. (1989) nous indiquent que pour \u00e9viter de se d\u00e9clarer la guerre au risque d\u2019aboutir \u00e0 leur destruction, les tribus, il y a au moins 12000 ans, ont mis au point \u00ab\u00a0l\u2019\u00e9change\u00a0\u00bb comme m\u00e9canisme de d\u00e9veloppement des liens sociaux tout en r\u00e9gulant la violence qui na\u00eet du d\u00e9sir mim\u00e9tique de vouloir s\u2019approprier ce que poss\u00e8de l\u2019autre (Girard R., 1972). Nous d\u00e9duisons de cette pratique que la comptabilit\u00e9 doit pouvoir jouer sur l\u2019\u00e9change un r\u00f4le disciplinaire de contr\u00f4le des pratiques pour esp\u00e9rer que les relations entre les gens soient apais\u00e9es. Or, pour limiter le champ d\u2019action de l\u2019int\u00e9r\u00eat personnel, la vie sociale a con\u00e7u l\u2019acte d\u2019\u00e9change comme une relation d\u2019\u00e9galit\u00e9. <strong>En effet, d\u00e8s qu\u2019un contractant peut recevoir durablement plus par les pratiques qu\u2019il met en \u0153uvre que ce que le march\u00e9 doit lui accorder, c\u2019est que l\u2019\u00e9conomie est mal organis\u00e9e car elle autorise \u00e0 une situation de monopole de perdurer. <\/strong>Le concept de valeur comp\u00e9tence permet de comprendre que toute transaction, souvent in\u00e9galitaire dans la r\u00e9alit\u00e9, doit tendre dans le domaine th\u00e9orique vers un \u00e9change devant se faire \u00ab\u00a0valeur pour valeur\u00a0\u00bb. Cette relation d\u2019\u00e9galit\u00e9 de valeurs est d\u2019autant plus exig\u00e9e qu\u2019\u00ab\u00a0il ne saurait y avoir de vie sociale sans \u00e9change social\u00a0; il n&rsquo;y aurait pas davantage d&rsquo;\u00e9changes sans \u00e9galit\u00e9, ni d&rsquo;\u00e9galit\u00e9<strong> sans commune mesure.\u00a0\u00bb<\/strong> (Aristote, 2008). En postulant cette \u00e9galit\u00e9 des valeurs \u00e9chang\u00e9es, nous proposons simultan\u00e9ment un principe explicatif permanent de l\u2019\u00e9change quel que soit le moment que l\u2019on consid\u00e8re dans l\u2019histoire. En structurant les pratiques sociales, le nombre comptable rendit visible l\u2019unit\u00e9 de la soci\u00e9t\u00e9 en repr\u00e9sentant dans un m\u00eame cadre synth\u00e9tique l\u2019ensemble des op\u00e9rations li\u00e9es \u00e0 la constitution de stocks et \u00e0 leur utilisation mais aussi en mesurant l\u2019accumulation des richesses dans le temps \u00e0 travers le m\u00e9canisme de l\u2019\u00e9change par ceux qui ne consommaient pas improductivement tout ce qu\u2019ils produisaient. Ces m\u00e9canismes sont bien illustr\u00e9s par le ph\u00e9nom\u00e8ne de la Kula \u00e9tudi\u00e9 par Malinowski (1922 &#8211; Voir l\u2019annexe 1) lorsque l\u2019\u00e9change est instantan\u00e9 et par celui du Potlatch \u00e9tudi\u00e9 par Boas (1921 &#8211; Voir l\u2019annexe 2) lorsque l\u2019\u00e9change est \u00e9chelonn\u00e9 dans le temps en permettant de d\u00e9gager un profit.<\/p>\n<p>Pour illustrer ces m\u00e9canismes, nous dirons ainsi qu\u2019un bien ou un service A dans le champ th\u00e9orique est le \u00ab\u00a0produit d\u2019une structure de comp\u00e9tence SCA\u00a0\u00bb dont la valeur VA est \u00e0 comparer avec celle VB du \u00ab\u00a0produit d\u2019une structure de comp\u00e9tence SCB\u00a0\u00bb d\u2019un bien ou d\u2019un service B. Ces valeurs VA et VB prennent existence dans la r\u00e9alit\u00e9 \u00e0 travers les prix PA et PB qui les expriment sur le march\u00e9. Si celui-ci fonctionne dans de bonne conditions de concurrence, l\u2019\u00e9chelle des prix, PB relativement \u00e0 PA, devrait \u00eatre le reflet de l\u2019\u00e9chelle des valeurs, VB par rapport \u00e0 VA. Dans ces conditions, le co\u00fbt historique r\u00e9el qui est mesur\u00e9 par la somme des prix des \u00e9l\u00e9ments qui le composent est l\u2019expression d\u2019un co\u00fbt social th\u00e9orique correspondant au niveau de comp\u00e9tence qu\u2019\u00e0 chaque \u00e9tat donn\u00e9 de la technique et de la science la soci\u00e9t\u00e9 accepte en moyenne de d\u00e9penser pour produire, stocker et distribuer tel bien ou tel service. Sous cette forme de construit social, le co\u00fbt historique ne peut pas faire l\u2019objet d\u2019une mesure directe tant que l\u2019on n\u2019a pas d\u00e9fini l\u2019unit\u00e9 de mesure de la comp\u00e9tence. Nous pensons que ce n\u2019est pas la mesure de la comp\u00e9tence qui importe prioritairement pour pouvoir utiliser ce concept car notre raisonnement se fonde sur la valeur relative des biens et des services les uns par rapport aux autres et non sur leur valeur absolue. L\u2019\u00e9chelle des prix donn\u00e9e par un march\u00e9 fonctionnant dans de bonnes conditions de concurrence constitue une approximation acceptable et suffisante de l\u2019\u00e9chelle des valeurs. Par ailleurs, tant que la stabilit\u00e9 des pratiques sociales entra\u00eenait comme cons\u00e9quence une correspondance permanente entre l\u2019\u00e9chelle des prix et celle des co\u00fbts, le concept de valeur-comp\u00e9tence pouvait ne pas \u00eatre mesur\u00e9. Notre conception de la valeur est donc id\u00e9elle et s\u2019appuie sur la comp\u00e9tence que requi\u00e8rent la production et la vente d\u2019une richesse \u00e9conomique. Ainsi, \u00ab\u00a0deux richesses \u00e9conomiques qui n\u00e9cessitent la m\u00eame structure de comp\u00e9tences pour \u00eatre produites et mises sur le march\u00e9 ont la m\u00eame valeur d\u2019\u00e9change, c\u2019est-\u00e0-dire dans la r\u00e9alit\u00e9 sensiblement le m\u00eame prix sur celui-ci\u00a0\u00bb. Si A est le produit d\u2019une structure de comp\u00e9tence SCA et que celle-ci s\u2019am\u00e9liore dans le temps en permettant de cr\u00e9er deux A l\u00e0 o\u00f9 on n\u2019en cr\u00e9ait qu\u2019un, la valeur unitaire comp\u00e9tence th\u00e9orique de A par rapport \u00e0 celle de B va \u00eatre divis\u00e9e par deux et il en sera de m\u00eame du prix sur le march\u00e9 si celui-ci fonctionne dans de bonnes conditions de concurrence. En cons\u00e9quence, pour reproduire la valeur-comp\u00e9tence th\u00e9orique initiale, il faudra produire deux A, ce qui sera b\u00e9n\u00e9fique \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 toute enti\u00e8re qui sera devenue deux fois plus riche en produit A. Mais le progr\u00e8s technique se diffusant dans toutes les branches d\u2019activit\u00e9, il arrivera un moment o\u00f9 on fabriquera aussi deux fois plus d\u2019objets dans celles-ci, ce qui r\u00e9tablira l\u2019\u00e9galit\u00e9 entre la valeur-comp\u00e9tence th\u00e9orique d\u2019un A et celle d\u2019un B. Par ailleurs, le profit que nous interpr\u00e9tons th\u00e9oriquement comme \u00e9tant la contre-partie d\u2019un \u00e9change diff\u00e9r\u00e9 dans le temps avec une \u00e9pargne investie appara\u00eet comme \u00e9tant l\u2019objet m\u00eame de l\u2019\u00e9change. Si le profit \u00ab\u00a0r\u00e9el\u00a0\u00bb est sup\u00e9rieur \u00e0 ce profit th\u00e9orique, la diff\u00e9rence entre les deux n\u00e9cessite l\u2019utilisation d\u2019un autre mot pour bien les distinguer l\u2019un de l\u2019autre et qui n\u2019est autre que celui de \u00ab\u00a0rente\u00a0\u00bb. Ainsi, le surplus d\u00e9gag\u00e9 dans un \u00e9change doit comprendre au minimum le profit pour qu\u2019il n\u2019y ait pas de perte de richesses et peut-\u00eatre une rente. Celle-ci ne s\u2019explique pas par la dynamique de l\u2019\u00e9change mais par le fait que la soci\u00e9t\u00e9 qui la per\u00e7oit est en mesure de vendre son produit un prix plus \u00e9lev\u00e9 que celui qui permettrait de refl\u00e9ter exactement sa valeur-comp\u00e9tence. L\u2019existence de ce profit est conditionn\u00e9e par la mise en \u0153uvre d\u2019une structure de comp\u00e9tence nouvelle pour fabriquer le produit qui permettra d\u2019engendrer la valeur du profit. Ainsi la valeur-comp\u00e9tence d\u2019un produit r\u00e9sulte bien d\u2019une structure de comp\u00e9tences associant une comp\u00e9tence ancienne utilis\u00e9e pour produire le capital technique qui sera utilis\u00e9 dans l\u2019acte de fabrication et une comp\u00e9tence nouvelle pour produire les biens sans lesquels le profit ne peut se mat\u00e9rialiser ni m\u00eame l\u2019\u00e9change se r\u00e9aliser. La logique de la th\u00e9orie comptable montre que le profit ne peut s\u2019exprimer que dans un compte r\u00e9el additif du passif puisqu\u2019il repr\u00e9sente la valeur nouvelle \u00e9chang\u00e9e contre l\u2019\u00e9pargne investie. Nous postulons que, logiquement, ce compte ne peut \u00eatre que celui utilis\u00e9 en comptabilit\u00e9 pour l\u2019amortissement puisque c\u2019est le seul dont le montant d\u00e9pende de la dur\u00e9e de vie que l\u2019on attribue aux investissements tout en \u00e9tant\u00a0 int\u00e9gr\u00e9 dans les capitaux propres. Ces m\u00e9canismes sont simples \u00e0 montrer lorsque, comme nous l\u2019avons d\u00e9j\u00e0 indiqu\u00e9 ci-dessus, nous nous pla\u00e7ons apr\u00e8s l\u2019acte d\u2019\u00e9change en construisant le bilan complet de celui-ci pour chaque co\u00e9changiste.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Nous supposons d\u2019abord la cr\u00e9ation d\u2019une entreprise A au moyen d\u2019un capital dont la valeur est celle d\u2019un produit de structure de comp\u00e9tence SC(1) repr\u00e9sent\u00e9e par une somme de N \u20ac\u00a0:<\/p>\n<div align=\"center\">\n<table width=\"548\" border=\"1\" cellspacing=\"0\" cellpadding=\"0\">\n<tbody>\n<tr>\n<td colspan=\"4\" width=\"548\">\n<p align=\"center\"><b>Bilan de l\u2019entreprise A \u00e0 un instant t<\/b><\/p>\n<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td colspan=\"2\" width=\"134\">\n<p align=\"center\"><b>Actif<\/b><\/p>\n<\/td>\n<td colspan=\"2\" width=\"414\">\n<p align=\"center\"><b>Passif<\/b><\/p>\n<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"82\">Tr\u00e9sorerie<\/td>\n<td width=\"52\">\n<p align=\"center\">N \u20ac<\/p>\n<\/td>\n<td width=\"68\">Capital<\/td>\n<td width=\"346\">Valeur d\u2019un produit de structure de comp\u00e9tence SC(1)<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"82\"><\/td>\n<td width=\"52\"><\/td>\n<td width=\"68\"><\/td>\n<td width=\"346\"><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<\/div>\n<p>Au moyen d\u2019une structure de comp\u00e9tence identique SC(1) repr\u00e9sent\u00e9e par une somme de N \u20ac, une entreprise B construit une machine\u00a0:<\/p>\n<div align=\"center\">\n<table width=\"546\" border=\"1\" cellspacing=\"0\" cellpadding=\"0\">\n<tbody>\n<tr>\n<td colspan=\"4\" width=\"546\">\n<p align=\"center\"><b>Bilan de l\u2019entreprise B \u00e0 un instant t<\/b><\/p>\n<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td colspan=\"2\" width=\"129\">\n<p align=\"center\"><b>Actif<\/b><\/p>\n<\/td>\n<td colspan=\"2\" width=\"417\">\n<p align=\"center\"><b>Passif<\/b><\/p>\n<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"81\">Machine<\/td>\n<td width=\"48\">\n<p align=\"center\">N \u20ac<\/p>\n<\/td>\n<td width=\"72\">Capital<\/td>\n<td width=\"345\">Valeur d\u2019un produit de structure de comp\u00e9tence SC(1)<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"81\"><\/td>\n<td width=\"48\"><\/td>\n<td width=\"72\"><\/td>\n<td width=\"345\"><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<\/div>\n<p>B accepte alors d\u2019\u00e9changer sa machine contre la tr\u00e9sorerie\u00a0 que poss\u00e8de A. Le bilan comptable ordinaire de cet \u00e9change se pr\u00e9sentera de la mani\u00e8re suivante\u00a0:<\/p>\n<div align=\"center\">\n<table width=\"548\" border=\"1\" cellspacing=\"0\" cellpadding=\"0\">\n<tbody>\n<tr>\n<td colspan=\"4\" width=\"548\">\n<p align=\"center\"><b>Bilan de l\u2019entreprise A apr\u00e8s l\u2019\u00e9change<\/b><\/p>\n<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td colspan=\"2\" width=\"130\">\n<p align=\"center\"><b>Actif<\/b><\/p>\n<\/td>\n<td colspan=\"2\" width=\"418\">\n<p align=\"center\"><b>Passif<\/b><\/p>\n<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"82\">Machine<\/td>\n<td width=\"48\">\n<p align=\"center\">N \u20ac<\/p>\n<\/td>\n<td width=\"72\">Capital<\/td>\n<td width=\"346\">Droit sur l\u2019actif compos\u00e9 d\u2019une machine<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"82\"><\/td>\n<td width=\"48\"><\/td>\n<td width=\"72\"><\/td>\n<td width=\"346\"><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<div align=\"center\">\n<table width=\"548\" border=\"1\" cellspacing=\"0\" cellpadding=\"0\">\n<tbody>\n<tr>\n<td colspan=\"4\" width=\"548\">\n<p align=\"center\"><b>Bilan de l\u2019entreprise B apr\u00e8s l\u2019\u00e9change<\/b><\/p>\n<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td colspan=\"2\" width=\"142\">\n<p align=\"center\"><b>Actif<\/b><\/p>\n<\/td>\n<td colspan=\"2\" width=\"406\">\n<p align=\"center\"><b>Passif<\/b><\/p>\n<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"82\">Tr\u00e9sorerie<\/td>\n<td width=\"60\">\n<p align=\"center\">N \u20ac<\/p>\n<\/td>\n<td width=\"59\">Capital<\/td>\n<td width=\"347\">Valeur d\u2019un produit de structure de comp\u00e9tence SC(1)<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"82\"><\/td>\n<td width=\"60\"><\/td>\n<td width=\"59\"><\/td>\n<td width=\"347\"><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<\/div>\n<p>Ces deux derniers bilans ne refl\u00e8tent qu\u2019une partie de la r\u00e9alit\u00e9 de l\u2019\u00e9change. En effet, il a fallu constituer ces capitaux qui ont \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9s pour fabriquer une machine ou obtenir une tr\u00e9sorerie de N \u20ac. D\u00e8s que l\u2019entreprise A mettra en marche sa machine pour produire un bien \u00ab\u00a0pA\u00a0\u00bb, elle engagera son capital correspondant dans un \u00e9change diff\u00e9r\u00e9 dans le temps qui sera d\u00e9nou\u00e9 lorsque tous les produits fabriqu\u00e9s auront \u00e9t\u00e9 vendus. Et cet \u00e9change diff\u00e9r\u00e9 dans le temps doit \u00eatre porteur d\u2019un profit minimum qui se mat\u00e9rialisera dans la valeur d\u2019un produit d\u2019une structure de comp\u00e9tence SC(1). Autrement dit, l\u2019\u00e9change \u00e9conomique complet entre A et B se traduira dans les comptes de A de la mani\u00e8re suivante\u00a0:<\/p>\n<div align=\"center\">\n<table border=\"1\" cellspacing=\"0\" cellpadding=\"0\">\n<tbody>\n<tr>\n<td colspan=\"4\" width=\"563\">\n<p align=\"center\"><b>Bilan \u00e9conomique complet de l\u2019\u00e9change pour l\u2019entreprise A<\/b><\/p>\n<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td colspan=\"2\" width=\"222\">\n<p align=\"center\"><b>Actif<\/b><\/p>\n<\/td>\n<td colspan=\"2\" width=\"341\">\n<p align=\"center\"><b>Passif<\/b><\/p>\n<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"164\">Machine<\/td>\n<td width=\"58\">\n<p align=\"center\">N \u20ac<\/p>\n<\/td>\n<td width=\"66\">Capital<\/td>\n<td width=\"275\">Droit sur l\u2019actif compos\u00e9 d\u2019une machine<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"164\"><i>Produit d\u2019une structure de comp\u00e9tence SC(1)<\/i><\/td>\n<td width=\"58\">\n<p align=\"center\"><i>N \u20ac<\/i><\/p>\n<\/td>\n<td width=\"66\"><i>Profit potentiel<\/i><\/td>\n<td width=\"275\">Valeur d\u2019une \u00e9pargne repr\u00e9sentant un produit de structure de comp\u00e9tence SC(1)<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"164\">Total<\/td>\n<td width=\"58\">\n<p align=\"center\">2 N \u20ac<\/p>\n<\/td>\n<td width=\"66\">Total<\/td>\n<td width=\"275\">Valeur d\u2019un produit de structure de comp\u00e9tence 2 x SC(1)<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<\/div>\n<p>Le bilan complet de l\u2019\u00e9change pour B sera sym\u00e9trique de celui de A\u00a0:<\/p>\n<div align=\"center\">\n<table border=\"1\" cellspacing=\"0\" cellpadding=\"0\">\n<tbody>\n<tr>\n<td colspan=\"4\" width=\"571\">\n<p align=\"center\"><b>Bilan \u00e9conomique complet de l\u2019\u00e9change pour l\u2019entreprise B<\/b><\/p>\n<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td colspan=\"2\" width=\"223\">\n<p align=\"center\"><b>Actif<\/b><\/p>\n<\/td>\n<td colspan=\"2\" width=\"348\">\n<p align=\"center\"><b>Passif<\/b><\/p>\n<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"165\">Tr\u00e9sorerie<\/td>\n<td width=\"57\">\n<p align=\"center\">N \u20ac<\/p>\n<\/td>\n<td width=\"66\">Capital<\/td>\n<td width=\"282\">Droit sur l\u2019actif compos\u00e9 de N \u20ac<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"165\"><i>Produit d\u2019une structure de comp\u00e9tence SC(1)<\/i><\/td>\n<td width=\"57\">\n<p align=\"center\"><i>N \u20ac<\/i><\/p>\n<\/td>\n<td width=\"66\"><i>Profit potentiel<\/i><\/td>\n<td width=\"282\">Valeur d\u2019une \u00e9pargne repr\u00e9sentant un produit de structure de comp\u00e9tence SC(1)<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"165\">Total<\/td>\n<td width=\"57\">\n<p align=\"center\">2 N \u20ac<\/p>\n<\/td>\n<td width=\"66\">Total<\/td>\n<td width=\"282\">Valeur d\u2019un produit de structure de comp\u00e9tence 2 x SC(1)<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<\/div>\n<p>Cette construction th\u00e9orique va nous aider \u00e0 comprendre ce qu\u2019est un \u00e9change dans la r\u00e9alit\u00e9 o\u00f9 il serait dangereux que A et B tiennent une comptabilit\u00e9 \u00ab\u00a0compl\u00e8te\u00a0\u00bb de l\u2019\u00e9change comme celle que nous venons de pr\u00e9senter. Par exemple, l\u2019entreprise A vient de prendre possession de sa machine et ce n\u2019est qu\u2019apr\u00e8s l\u2019avoir utilis\u00e9e pour produire et vendre qu\u2019elle constatera l\u2019existence du profit et son niveau s\u2019il existe.<\/p>\n<p>Le principe de prudence exige qu\u2019elle ne comptabilise pas ce profit potentiel. Mais cette situation est diff\u00e9rente pour le chercheur qui se place apr\u00e8s l\u2019acte d\u2019\u00e9change en observant celui-ci sans y prendre part. Au contraire, il est sollicit\u00e9 pour le d\u00e9crire dans sa totalit\u00e9 afin de pouvoir expliquer au chef d\u2019entreprise ce qui risque de se produire.<\/p>\n<p>Dans la r\u00e9alit\u00e9, l\u2019entreprise A va commencer par d\u00e9gager le r\u00e9sultat de l\u2019exploitation de sa machine en dressant, par exemple, le tableau suivant\u00a0:<\/p>\n<div align=\"center\">\n<table width=\"553\" border=\"1\" cellspacing=\"0\" cellpadding=\"0\">\n<tbody>\n<tr>\n<td colspan=\"4\" width=\"553\">\n<p align=\"center\"><b>Compte de r\u00e9sultat de l\u2019entreprise A apr\u00e8s avoir vendu les produits fabriqu\u00e9s avec la machine B<\/b><\/p>\n<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td colspan=\"2\" width=\"325\">\n<p align=\"center\"><b>Charges<\/b><\/p>\n<\/td>\n<td colspan=\"2\" width=\"228\">\n<p align=\"center\"><b>Produits<\/b><\/p>\n<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"265\">Co\u00fbts historiques des facteurs consomm\u00e9s<\/td>\n<td width=\"60\">\n<p align=\"center\">N\u00a0\u20ac<\/p>\n<\/td>\n<td width=\"144\">Produit des ventes<\/td>\n<td width=\"84\">\n<p align=\"center\">2N\u00a0\u20ac<\/p>\n<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"265\">Profit moyen minimum = dotation aux amortissements<\/td>\n<td width=\"60\">\n<p align=\"center\">N\u00a0\u20ac<\/p>\n<\/td>\n<td width=\"144\"><\/td>\n<td width=\"84\"><\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"265\">\n<p align=\"center\"><b>TOTAL<\/b><\/p>\n<\/td>\n<td width=\"60\">\n<p align=\"center\"><b>2N\u00a0\u20ac<\/b><\/p>\n<\/td>\n<td width=\"144\">\n<p align=\"center\"><b>TOTAL<\/b><i><\/i><\/p>\n<\/td>\n<td width=\"84\">\n<p align=\"center\"><b>2N\u00a0\u20ac<\/b><\/p>\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<\/div>\n<p>A ce compte de r\u00e9sultat correspondra, par exemple, le bilan suivant (en supposant la machine hors d\u2019usage et mise au rebus)\u00a0:<\/p>\n<div align=\"center\">\n<table width=\"556\" border=\"1\" cellspacing=\"0\" cellpadding=\"0\">\n<tbody>\n<tr>\n<td colspan=\"4\" width=\"556\">\n<p align=\"center\"><b>Bilan de l\u2019entreprise A apr\u00e8s avoir vendu les produits fabriqu\u00e9s avec la machine B<\/b><\/p>\n<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td colspan=\"2\" width=\"171\">\n<p align=\"center\"><b>Actif<\/b><\/p>\n<\/td>\n<td colspan=\"2\" width=\"385\">\n<p align=\"center\"><b>Passif<\/b><\/p>\n<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"98\">Cr\u00e9ances sur les clients<\/td>\n<td width=\"73\">\n<p align=\"center\">0,5N\u00a0\u20ac<\/p>\n<\/td>\n<td width=\"299\">Capital = droit sur l\u2019actif= Valeur d\u2019un produit de structure de comp\u00e9tence SC(1)<\/td>\n<td width=\"86\">\n<p align=\"center\">N \u20ac<\/p>\n<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"98\">Tr\u00e9sorerie<\/td>\n<td width=\"73\">\n<p align=\"center\">1,5N\u00a0\u20ac<\/p>\n<\/td>\n<td width=\"299\">Profit moyen minimum = amortissement<\/td>\n<td width=\"86\">\n<p align=\"center\">N \u20ac<\/p>\n<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"98\">\n<p align=\"center\"><b>TOTAL<\/b><\/p>\n<\/td>\n<td width=\"73\">\n<p align=\"center\"><b>2 N\u00a0\u20ac<\/b><\/p>\n<\/td>\n<td width=\"299\">\n<p align=\"center\"><b>TOTAL<\/b><i><\/i><\/p>\n<\/td>\n<td width=\"86\">\n<p align=\"center\"><b>2 N\u00a0\u20ac<\/b><\/p>\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<\/div>\n<p>Comme nous pouvons le constater, la comptabilit\u00e9 met en \u00e9vidence la mani\u00e8re dont la valeur se reproduit (dans notre exemple, \u00e0 l\u2019identique) dans le temps gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019existence du profit qui est l\u2019objet de l\u2019acte d\u2019\u00e9change.<\/p>\n<p>Mais il est possible aussi que la vente de ses produits soit plus favorable \u00e0 l\u2019entreprise A parce qu\u2019elle poss\u00e8de un avantage concurrentiel sur ses concurrents lui permettant de vendre sa production, non pas 2N \u20ac mais 2,5N \u20ac.<\/p>\n<p>Dans ce cas, le compte de r\u00e9sultat se pr\u00e9sentera de la mani\u00e8re suivante\u00a0:<\/p>\n<div align=\"center\">\n<table width=\"563\" border=\"1\" cellspacing=\"0\" cellpadding=\"0\">\n<tbody>\n<tr>\n<td colspan=\"4\" width=\"563\">\n<p align=\"center\"><b>Compte de r\u00e9sultat de l\u2019entreprise A apr\u00e8s avoir vendu les produits fabriqu\u00e9s avec la machine B<\/b><\/p>\n<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td colspan=\"2\" width=\"377\">\n<p align=\"center\"><b>Charges<\/b><\/p>\n<\/td>\n<td colspan=\"2\" width=\"186\">\n<p align=\"center\"><b>Produits<\/b><\/p>\n<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"306\">Co\u00fbts historiques des facteurs consomm\u00e9s<\/td>\n<td width=\"71\">\n<p align=\"center\">N\u00a0\u20ac<\/p>\n<\/td>\n<td width=\"132\">Produit des ventes<\/td>\n<td width=\"54\">\n<p align=\"center\">2,5N\u00a0\u20ac<\/p>\n<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"306\"><i>Profit moyen minimum = dotation aux amortissements<\/i><\/td>\n<td width=\"71\">\n<p align=\"center\">N\u00a0\u20ac<\/p>\n<\/td>\n<td width=\"132\"><\/td>\n<td width=\"54\"><\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"306\"><b>R\u00e9sultat b\u00e9n\u00e9ficiaire = rente \u00ab\u00a0commerciale\u00a0\u00bb r\u00e9elle<\/b><\/td>\n<td width=\"71\">\n<p align=\"center\"><b>0,5N\u00a0\u20ac<\/b><\/p>\n<\/td>\n<td width=\"132\"><\/td>\n<td width=\"54\"><\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"306\">\n<p align=\"center\"><b>TOTAL<\/b><\/p>\n<\/td>\n<td width=\"71\">\n<p align=\"center\"><b>2,5N\u00a0\u20ac<\/b><\/p>\n<\/td>\n<td width=\"132\">\n<p align=\"center\"><b>TOTAL<\/b><i><\/i><\/p>\n<\/td>\n<td width=\"54\">\n<p align=\"center\"><b>2,5N\u00a0\u20ac<\/b><\/p>\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>A ce compte de r\u00e9sultat correspondra le bilan suivant\u00a0:<\/p>\n<div align=\"center\">\n<table width=\"564\" border=\"1\" cellspacing=\"0\" cellpadding=\"0\">\n<tbody>\n<tr>\n<td colspan=\"4\" width=\"564\">\n<p align=\"center\"><b>Bilan de l\u2019entreprise A apr\u00e8s avoir vendu les produits fabriqu\u00e9s avec la machine B<\/b><\/p>\n<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td colspan=\"2\" width=\"198\">\n<p align=\"center\"><b>Actif<\/b><\/p>\n<\/td>\n<td colspan=\"2\" width=\"366\">\n<p align=\"center\"><b>Passif<\/b><\/p>\n<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"125\">Cr\u00e9ances sur les clients (0,5&#215;2,5\/2)<\/td>\n<td width=\"73\">\n<p align=\"center\">0,625N\u00a0\u20ac<\/p>\n<\/td>\n<td width=\"300\">Capital = droit sur l\u2019actif= Valeur d\u2019un produit de structure de comp\u00e9tence SC(1)<\/td>\n<td width=\"66\">\n<p align=\"center\">N \u20ac<\/p>\n<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td rowspan=\"2\" width=\"125\">Tr\u00e9sorerie<\/td>\n<td rowspan=\"2\" width=\"73\">\n<p align=\"center\">1,875N\u00a0\u20ac<\/p>\n<\/td>\n<td width=\"300\"><i>Profit moyen minimum = amortissement<\/i><\/td>\n<td width=\"66\">\n<p align=\"center\"><i>N \u20ac<\/i><\/p>\n<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"300\">R\u00e9sultat comptable = Rente commerciale r\u00e9elle<\/td>\n<td width=\"66\">\n<p align=\"center\">0,5N\u00a0\u20ac<\/p>\n<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"125\">\n<p align=\"center\"><b>TOTAL<\/b><\/p>\n<\/td>\n<td width=\"73\">\n<p align=\"center\"><b>2,5 N\u00a0\u20ac<\/b><\/p>\n<\/td>\n<td width=\"300\">\n<p align=\"center\"><b>TOTAL<\/b><i><\/i><\/p>\n<\/td>\n<td width=\"66\">\n<p align=\"center\"><b>2,5 N\u00a0\u20ac<\/b><\/p>\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<\/div>\n<p>Nous voyons appara\u00eetre un surplus de 0,5 \u20ac par rapport \u00e0 la situation ant\u00e9rieure qui n\u2019est pas autre chose qu\u2019une rente pour l\u2019entreprise A. Cette rente ne peut pas se justifier par la th\u00e9orie de la valeur-comp\u00e9tence puisqu\u2019elle est \u00ab\u00a0hors \u00e9change\u00a0\u00bb, celui-ci ne concernant, stricto sensu, que l\u2019\u00e9pargne investie et le profit qu\u2019elle doit rapporter. Cette rente existe r\u00e9ellement et est de nature \u00ab\u00a0commerciale\u00a0\u00bb puisqu\u2019elle est relative \u00e0 l\u2019\u00e9change des produits fabriqu\u00e9s et vendus sur le march\u00e9 par l\u2019entreprise A. Plus son niveau est \u00e9lev\u00e9 plus elle constituera un signe de bonne sant\u00e9 de l\u2019entreprise (si nous ne sommes pas en situation de comptabilit\u00e9 cr\u00e9ative) et plus elle donnera confiance aux investisseurs. Ce raisonnement n\u2019est possible que parce que nous avons valoris\u00e9 les \u00e9l\u00e9ments de l\u2019actif et du passif au co\u00fbt historique qui fournit la base de calcul par rapport \u00e0 laquelle la transmission de la valeur dans le temps pourra \u00eatre mise en \u00e9vidence. Par ailleurs, si l\u2019entreprise A veut distribuer la rente d\u00e9gag\u00e9e, elle le pourra parce que celle-ci est \u00ab\u00a0r\u00e9elle\u00a0\u00bb. Mais comme elle est hors \u00e9change, il n\u2019y a aucune raison pour qu\u2019elle soit appropri\u00e9e en totalit\u00e9 par les investisseurs.<\/p>\n<p>A travers ces quelques exemples simples, nous constatons que <strong>\u00ab\u00a0tout ce qui a trait au qualitatif, au social, \u00e0 l\u2019environnement et \u00e0 l\u2019humain\u00a0\u00bb se trouve int\u00e9gr\u00e9 dans le prix de vente des biens et des services sur les march\u00e9s dont le niveau d\u00e9terminera si la soci\u00e9t\u00e9 d\u00e9gage ou non un profit et une ente. Il nous semble alors que la comptabilit\u00e9 n\u2019a pas \u00e0 chercher \u00e0 les valoriser.<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><b><span style=\"text-decoration: underline;\">Remarque<\/span><\/b>\u00a0: il en irait diff\u00e9remment si nous changions le mode d\u2019\u00e9valuation comptable des actifs et des passifs, notamment financiers, en utilisant la juste valeur correspondant \u00e0 leur prix de march\u00e9 lorsque celui-ci est efficient et, donc, \u00e0 leur valeur fondamentale, comme le pr\u00e9conisent les normes internationales IAS\/IFRS dans la mouvance des normes am\u00e9ricaines US GAAP, nous verrons appara\u00eetre au bilan une perte ou une rente \u00ab\u00a0financi\u00e8re\u00a0\u00bb correspondant respectivement \u00e0 la moins-value ou \u00e0 la plus-value potentielle qui serait g\u00e9n\u00e9r\u00e9e si les actifs et les passifs \u00e9taient vendus sur le march\u00e9. Cette rente financi\u00e8re ne correspond \u00e0 aucun produit de structure de comp\u00e9tence SC() puisqu\u2019elle a pour origine l\u2019activit\u00e9 sp\u00e9culative de certains op\u00e9rateurs. Elle n\u2019a aucune consistance r\u00e9elle or, elle est susceptible d\u2019\u00eatre distribu\u00e9e, ce qui ne va pas sans poser des probl\u00e8mes \u00e9ventuellement de tr\u00e9sorerie \u00e0 l\u2019entreprise consid\u00e9r\u00e9e dans son r\u00f4le \u00e9conomique et commercial. Il nous semble que ce soit un abus de langage que de parler ici de cr\u00e9ation de valeur dans la mesure o\u00f9 aucune valeur n\u2019est r\u00e9ellement cr\u00e9\u00e9e. Elle correspond simplement \u00e0 la distribution d\u2019un pouvoir d\u2019achat sur les biens et services existants qu\u2019elle n\u2019a pas contribu\u00e9, en g\u00e9n\u00e9ral, \u00e0 produire. Ce pouvoir d\u2019achat tr\u00e8s important destin\u00e9 \u00e0 un petit groupe de personnes creuse les in\u00e9galit\u00e9s comme jamais ce fut le cas avant le d\u00e9but des ann\u00e9es 1980. Le jeu de bascule entre ceux qui profitent de ce pouvoir d\u2019achat suppl\u00e9mentaire et les autres qui ne per\u00e7oivent pratiquement rien de plus s\u2019op\u00e8re essentiellement via l\u2019inflation du prix d\u2019achat et de la location de l\u2019immobilier. Enfin, nous pouvons constater que l\u2019existence de cette rente financi\u00e8re potentielle est une incitation permanente \u00e0 utiliser la tr\u00e9sorerie pour racheter les actions de la soci\u00e9t\u00e9 qui porte juridiquement l\u2019entreprise afin que l\u2019augmentation de la demande fasse augmenter le cours et que la diminution du nombre d\u2019actions en fasse augmenter le dividende. Cependant, la tr\u00e9sorerie serait plus judicieusement utilis\u00e9e \u00e0 investir pour cr\u00e9er des richesses et des emplois. Il appara\u00eet ainsi que l\u2019adoption de la \u00ab\u00a0juste valeur\u00a0\u00bb comme crit\u00e8re permettant de justifier la recherche d\u2019une valeur actionnariale maximale \u00e0 court terme, n\u2019est pas conforme au respect des conditions d\u00e9velopp\u00e9e par la th\u00e9orie de la valeur-comp\u00e9tence et, de ce fait, ne peut \u00eatre que productrice de crises et de d\u00e9sordres sociaux. Face \u00e0 celles-ci et au risque de violence qu\u2019elles portent, la th\u00e9orie girardienne propose une grille de lecture permettant de comprendre leur d\u00e9veloppement.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><b><span style=\"text-decoration: underline;\">Conclusion<\/span><\/b><\/p>\n<p>Nous avons voulu montrer dans cette communication, en toute modestie et sans verser dans la logomachie, que le r\u00f4le de l\u2019entreprise est d\u2019organiser l\u2019utilisation des moyens mis \u00e0 sa disposition par la soci\u00e9t\u00e9 qui la porte juridiquement de mani\u00e8re \u00e0 optimiser son efficacit\u00e9 dans la production, le stockage et la distribution des biens et des services qui seront vendus sur ses march\u00e9s. En lui refusant la propri\u00e9t\u00e9 d\u2019un patrimoine, nous excluons la possibilit\u00e9 d\u2019\u00eatre con\u00e7ue comme une entit\u00e9 comptable pouvant \u00eatre le support de la comptabilit\u00e9. Il s\u2019ensuit que celle-ci ne peut \u00eatre port\u00e9e que par la soci\u00e9t\u00e9 qui est le support juridique de l\u2019entreprise. Or, la soci\u00e9t\u00e9 appartient aux associ\u00e9s dont l\u2019objectif, dans le cadre de l\u2019affectio-societatis qui devrait les animer est de valoriser l\u2019\u00e9pargne qu\u2019ils investissent dans les moyens de production, lesquels ne poss\u00e8dent aucune valeur intrins\u00e8que ind\u00e9pendante de celle de l\u2019investissement qui les finance. Par exemple, le recrutement d\u2019un salari\u00e9 de haute comp\u00e9tence se traduira comptablement par la constatation d\u2019un investissement en salaire dont le niveau tient compte de cette comp\u00e9tence, ce qui entra\u00eene comme cons\u00e9quence qu\u2019elle n\u2019a pas \u00e0 \u00eatre valoris\u00e9e en tant que telle. De plus, la comptabilit\u00e9 devrait \u00eatre construite sur la personnification des comptes telle qu\u2019elle fut pratiqu\u00e9e pendant tr\u00e8s longtemps de mani\u00e8re \u00e0 traduire l\u2019\u00e9change comme relation contractuelle entre deux personnes parfaitement identifi\u00e9e, ce qui ajoute un crit\u00e8re suppl\u00e9mentaire pour dire qu\u2019elle ne peut concerner que la soci\u00e9t\u00e9. En effet, les notions de ressources et d\u2019emplois caract\u00e9ristiques de l\u2019entreprise con\u00e7ue comme une entit\u00e9 form\u00e9e de parties prenantes favorise l\u2019oubli de cette relation contractuelle \u00e0 deux pour laisser croire que l\u2019\u00e9change peut concerner des acteurs non identifiables. C\u2019est ce qui se passe avec la pratique de la titrisation qui rompt la relation contractuelle au risque de participer \u00e0 l\u2019\u00e9mergence de crises comme qui s\u2019est d\u00e9clench\u00e9e en 2007. Comme la comptabilit\u00e9 ne concerne que l\u2019enregistrement des \u00e9changes r\u00e9alis\u00e9s par la soci\u00e9t\u00e9 sur les march\u00e9s, nous avons pu construire une explication du profit et de la rente \u00e0 partir de lois <i>a-historiques<\/i>. Il nous a suffi de partir du concept de valeur-comp\u00e9tence que nous avons con\u00e7u comme un construit social fonction de l\u2019\u00e9tat de d\u00e9veloppement de la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 un moment donn\u00e9. Ceci nous a permis de produire une explication th\u00e9orique de l\u2019\u00e9change valeur pour valeur selon lequel il y a remplacement de la valeur du capital investi et reconstitution de la valeur de celui-ci par le profit. Il appara\u00eet alors que c\u2019est le profit qui s\u2019\u00e9change \u00e0 travers le temps contre l\u2019\u00e9pargne initiale investie dans l\u2019activit\u00e9 productive. L\u2019existence d\u2019une rente est le signe que la soci\u00e9t\u00e9 correspondante \u00ab\u00a0fait mieux\u00a0\u00bb que le march\u00e9 puisque, sur celui-ci, les soci\u00e9t\u00e9s ne devraient d\u00e9gager que le profit moyen social, lequel est le v\u00e9ritable r\u00e9gulateur des \u00e9changes dans l\u2019\u00e9conomie. Il s\u2019ensuit qu\u2019en r\u00e9alisant ce surprofit, la soci\u00e9t\u00e9 se soustrait, au moins temporairement, \u00e0 la loi du march\u00e9. Assigner comme objectif prioritaire et quasi unique aux dirigeants de \u00ab\u00a0faire mieux que le march\u00e9\u00a0\u00bb revient \u00e0 \u00e9riger en norme de comportement la recherche de cet exc\u00e9dent comme un signe distinctif fort d\u2019un bon management. Ceci nous para\u00eet tr\u00e8s contestable dans la mesure o\u00f9 ce \u00ab\u00a0bon management\u00a0\u00bb ne peut perdurer qu\u2019au d\u00e9triment des salari\u00e9s.<\/p>\n<p>Bien s\u00fbr, nous avons parfaitement conscience que notre communication va \u00e0 contre-courant de la pens\u00e9e dominante actuelle sur le r\u00f4le que devrait jouer la \u00ab\u00a0comptabilit\u00e9 de l\u2019entreprise\u00a0\u00bb. Nous ne suivons pas les conclusions de l\u2019\u00e9cole institutionnaliste am\u00e9ricaine qui consid\u00e8re, selon Commons J. (1934), l\u2019entreprise comme une entit\u00e9 \u00e9conomique et sociale dot\u00e9e d\u2019une existence r\u00e9elle et tangible au sein de laquelle \u00ab\u00a0les transactions \u00e9conomiques ne sont pas des \u00e9changes de biens entre des individus isol\u00e9s mais plut\u00f4t des interactions sociales\u00a0\u00bb. C\u2019est aussi sur cette id\u00e9e de refus d\u2019une fiction juridique, que l\u2019Italien Zappa G. (1956) apporte une contribution originale \u00e0 la recherche comptable en supposant que l\u2019entreprise existe hors du droit, dans les transactions mises en \u0153uvre par le groupe des personnes qui la composent, sa tendance \u00e0 exister r\u00e9sultant de l\u2019action collective qui transcende les attentes et le volontarisme de chacune d\u2019entre elles.<\/p>\n<p><b><br clear=\"all\" \/> <\/b><\/p>\n<h2 align=\"center\"><span style=\"text-decoration: underline;\">Annexe 1\u00a0: la Kula de Malinowski (1922)<\/span><\/h2>\n<p>\u00ab\u00a0La Kula est une forme d&rsquo;\u00e9change intertribal de grande envergure; elle s&rsquo;effectue entre des archipels dont la disposition en un large cercle constitue un circuit ferm\u00e9. Le circuit est repr\u00e9sent\u00e9 sur la carte par des pointill\u00e9s reliant un certain nombre d&rsquo;\u00eeles au Nord et \u00e0 l&rsquo;Est de l&rsquo;extr\u00e9mit\u00e9 orientale de la Nouvelle-Guin\u00e9e. Empruntant cet itin\u00e9raire, deux sortes d&rsquo;articles &#8211; et ces deux sortes seulement &#8211; circulent sans cesse dans des directions oppos\u00e9es. Le premier article &#8211; de longs colliers de coquillages rouges, appel\u00e9s soulava &#8211; fait le trajet dans le sens des aiguilles d&rsquo;une montre. Le second &#8211; des bracelets de coquillage blanc d\u00e9nomm\u00e9s mwali &#8211; va dans la direction contraire. Chacun d&rsquo;eux, suivant ainsi sa voie propre dans le circuit ferm\u00e9, rencontre l&rsquo;autre sur sa route et s&rsquo;\u00e9change constamment avec lui. Tous les mouvements de ces articles Kula, les d\u00e9tails des transactions, sont fix\u00e9s et r\u00e9gl\u00e9s par un ensemble de conventions et de principes traditionnels, et certaines phases de la Kula s\u2019accompagnent de c\u00e9r\u00e9monies rituelles et publiques tr\u00e8s compliqu\u00e9es. Sur chaque \u00eele et dans chaque village, un nombre plus ou moins restreint d&rsquo;individus participent \u00e0 la Kula &#8211; c&rsquo;est-\u00e0-dire qu&rsquo;ils re\u00e7oivent les objets en question, les d\u00e9tiennent pendant un temps assez court, puis les transmettent. Par cons\u00e9quent, tout homme qui entre dans la cha\u00eene Kula re\u00e7oit p\u00e9riodiquement, mais non r\u00e9guli\u00e8rement, un ou plusieurs <i>mwali<\/i> (brassards en coquillage) ou un <i>soulava<\/i> (collier de disques de coquillages rouges); il lui faut alors le passer \u00e0 un de ses partenaires, qui lui donne en \u00e9change l&rsquo;article oppos\u00e9. Ainsi, aucun de ces articles ne reste longtemps en la possession d&rsquo;un individu. Une transaction ne cl\u00f4ture pas les rapports Kula : la r\u00e8gle \u00e9tant \u00abune fois dans la Kula, toujours dans la Kula\u00bb, les contacts entre deux hommes sont une affaire permanente, qui dure toute la vie. En outre, tout <i>mwali<\/i> ou <i>soulava<\/i> octroy\u00e9 est toujours susceptible de voyager et de changer de main, et il ne saurait \u00eatre question de le bloquer, la r\u00e8gle pr\u00e9cit\u00e9e s&rsquo;appliquant aussi aux objets pr\u00e9cieux. L&rsquo;\u00e9change c\u00e9r\u00e9moniel des deux articles est l&rsquo;aspect essentiel de la Kula, celui qui pr\u00e9vaut sur tous les autres. [\u2026] La Kula est donc une institution extr\u00eamement vaste et compliqu\u00e9e, \u00e0 la fois par son \u00e9tendue g\u00e9ographique et par la multiplicit\u00e9 des d\u00e9marches qu&rsquo;elle implique. Elle unit d&rsquo;\u00e9troite fa\u00e7on un nombre consid\u00e9rable de tribus, et elle englobe toutes sortes d&rsquo;activit\u00e9s conjugu\u00e9es qui s&rsquo;influencent les unes les autres au point de constituer un seul tout organique. Mais il faut se rappeler que ce qui nous appara\u00eet comme une institution ample, complexe et pourtant bien r\u00e9gl\u00e9e, est le r\u00e9sultat d&rsquo;on ne sait combien d&rsquo;initiatives et d&rsquo;actes dus \u00e0 des non-civilis\u00e9s qui ne poss\u00e8dent ni lois, ni buts, ni charte stipul\u00e9s d&rsquo;une mani\u00e8re pr\u00e9cise. Ces hommes n&rsquo;ont aucune conscience des lignes directrices de l&rsquo;une quelconque de leurs structures sociales. Ils connaissent les mobiles qui les poussent, les fins qu&rsquo;ils poursuivent dans leurs actions individuelles et les r\u00e8gles qui conditionnent celles-ci, mais la mani\u00e8re dont tout ceci pr\u00eate forme \u00e0 l&rsquo;ensemble de l&rsquo;institution collective d\u00e9passe le niveau de leur entendement. Aucun indig\u00e8ne, m\u00eame le plus intelligent, ne se fait une id\u00e9e claire de la kula en tant que vaste institution sociale organis\u00e9e, ni, \u00e0 plus forte raison, de son r\u00f4le et de ses implications sociologiques. Si on lui demande ce qu&rsquo;est la Kula, il r\u00e9pond par quelques d\u00e9tails, en faisant probablement part de ses exp\u00e9riences personnes et de ses vues subjectives, mais il ne dit rien qui corresponde \u00e0 la d\u00e9finition pr\u00e9cise donn\u00e9e plus haut. Il est m\u00eame impossible d&rsquo;obtenir un expos\u00e9 partiel coh\u00e9rent. En fait, la trame de l&rsquo;entreprise \u00e9chappe \u00e0 son esprit.\u00bb<\/p>\n<p><b><br clear=\"all\" \/> <\/b><\/p>\n<h2 align=\"center\"><span style=\"text-decoration: underline;\">Annexe 2\u00a0: le Potlatch de Boas (1921)<\/span><\/h2>\n<p>Franz Boas est souvent consid\u00e9r\u00e9 comme le \u00ab\u00a0p\u00e8re fondateur de l&rsquo;anthropologie am\u00e9ricaine\u00a0\u00bb et de la m\u00e9thode intensive de terrain pour ses travaux au Canada sur les <a href=\"http:\/\/www.thecanadianencyclopedia.com\/index.cfm?PgNm=TCE&amp;Params=F1ARTF0000451\">Inuits de l&rsquo;\u00eele de Baffin<\/a><a title=\"\" href=\"#_ftn11\">[11]<\/a> et sur les indiens Kwakiutl de l\u2019\u00eele de Vancouver. A partir de 1886, il concentre d\u00e9finitivement ses recherches sur indiens Kwakiutl de la c\u00f4te nord-ouest du Canada. Boas (1898, 1921) constate que chez les Indiens Kwakiutl, de grandes f\u00eates rituelles entre clans rivaux \u00e9taient r\u00e9guli\u00e8rement organis\u00e9es sous la forme d\u2019un somptueux festin pendant lequel avaient lieu d&rsquo;importantes distributions de cadeaux. Chaque f\u00eate constituait un \u00ab\u00a0potlatch\u00a0\u00bb, la personne qui invitait \u00e9tant en m\u00eame temps le donateur de cadeaux, les invit\u00e9s en \u00e9tant les donataires. Le potlatch \u00e9tait pr\u00e9par\u00e9 au moins un an \u00e0 l&rsquo;avance par le chef donateur qui incitait ses subalternes et sa famille mais aussi, parfois, la tribu tout enti\u00e8re, \u00e0 stocker des quantit\u00e9s \u00e9normes de nourriture et \u00e0 rassembler des couvertures armori\u00e9es, des bo\u00eetes et diverses sortes d&rsquo;objets utiles et pr\u00e9cieux, les plus prestigieux \u00e9tant de grands ouvrages de cuivre blasonn\u00e9 dont la valeur \u00e9galait celle de dizaines de couvertures. A l&rsquo;apog\u00e9e de la c\u00e9r\u00e9monie, il arrivait que le donateur saisisse un ou plusieurs de ses boucliers en cuivre et les pr\u00e9cipite \u00e0 la mer pour manifester \u00e0 la foule des Indiens en habit de gala son profond d\u00e9dain des richesses mat\u00e9rielles. Cette fastueuse manifestation qui s&rsquo;accompagnait aussi fr\u00e9quemment et logiquement de la mise \u00e0 mort de quelques esclaves, recelait en fait un dangereux pi\u00e8ge\u00a0: le chef invit\u00e9 et son clan savaient qu\u2019au bout d\u2019une p\u00e9riode ils devraient rendre l\u2019\u00e9quivalent de tout ce qu&rsquo;ils avaient re\u00e7u ce jour l\u00e0, la coutume voulant que les cadeaux donn\u00e9s en retour soient plus prestigieux et de plus haute valeur que ceux initialement re\u00e7us. Si tel n&rsquo;est pas le cas, le nouvel invitant donateur et son clan perdaient honneur et prestige. Ainsi, les chefs de clan, tour \u00e0 tour, rivalisaient entre eux dans l\u2019\u00e9talage de leur richesse et de leur g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 en cherchant en r\u00e9alit\u00e9, par l\u2019affichage de celles-ci, \u00e0 ruiner et \u00e9craser leur rival ou, s&rsquo;il avait su r\u00e9pondre au d\u00e9fi lanc\u00e9, \u00e0 entrer avec lui dans une relation d&rsquo;alliance et d&rsquo;amiti\u00e9. Bien que le potlatch ne soit pas un acte d&rsquo;\u00e9change de valeurs puisque le receveur n&rsquo;est pas tenu de rendre le don ou sa contrepartie en valeur, les prestations et contre-prestations qui s\u2019engageaient sous une forme plut\u00f4t volontaire, par des pr\u00e9sents et des cadeaux, \u00e9taient rigoureusement obligatoires sous peine de guerre priv\u00e9e ou publique. Le potlatch \u00e9tait un moyen de promotion sociale pour celui qui donnait les cadeaux mais aussi, quand la valeur de ceux-ci \u00e9tait suffisante, d\u2019enrichissement pour celui qui les recevait. Un chef ne pouvait donc acc\u00e9der au pouvoir politique que s\u2019il \u00e9tait tr\u00e8s g\u00e9n\u00e9reux. Ce qui comptait, ce n&rsquo;\u00e9tait pas ce qu\u2019il avait, c&rsquo;est ce qu\u2019il donnait qui devait \u00eatre sup\u00e9rieur \u00e0 ce qu\u2019il avait re\u00e7u. Si n\u00e9cessaire, il devait \u00eatre pr\u00eat \u00e0 tout donner, \u00e0 ne plus rien garder pour lui. Ainsi, la r\u00e8gle de l&rsquo;exc\u00e8s du cadeau en retour sur celui de d\u00e9part, c\u2019est-\u00e0-dire du profit, \u00e9tait une pi\u00e8ce cruciale d&rsquo;un syst\u00e8me de r\u00e9gulation des rapports entre richesse \u00e9conomique et pouvoir politique. Puisque chacun donne plus que celui de qui il a re\u00e7u, le syst\u00e8me tend structurellement \u00e0 s&#8217;emballer dans la surench\u00e8re. A intervalles r\u00e9guliers, l&rsquo;institution du potlatch permet la redistribution des richesses, la re-cr\u00e9ation du lien social par la perp\u00e9tuation d\u00b4une m\u00e9moire commune et en m\u00eame temps la permutation des places\u00a0: le plus riche devient pauvre mais gagne le prestige alors que les pauvres s&rsquo;enrichissent des dons mais leur honneur et leur prestige sont remis en question par l&rsquo;assaut de g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 qui les met au d\u00e9fi.<\/p>\n<p><b><br clear=\"all\" \/> <\/b><\/p>\n<h1><span style=\"text-decoration: underline;\">Bibliographie<\/span><\/h1>\n<p>Aglietta M. et Reb\u00e9rioux A. (2004). <i>Les d\u00e9rives du capitalisme financier<\/i>, Albin Michel, Paris.<\/p>\n<p>Alchian A. et de Demsetz H. (1972). <i>Production, Information costs and economic organization<\/i>, The American Economic Review, D\u00e9cembre.<\/p>\n<p>Alchian A. et Demsetz H. 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(1963), <i>Une \u00e9pist\u00e9mologie de la comptabilit\u00e9 est-elle possible ou souhaitable\u00a0?<\/i> Journal de la soci\u00e9t\u00e9 statistique de Paris, 1<sup>er<\/sup> trimestre.<\/p>\n<p>Pig\u00e9 B. et Paper X. (2005), <i>Reporting financier et gouvernance des entreprises\u00a0: le sens des normes IFRS<\/i>, Editions EMS, Colombelles.<\/p>\n<p>Richard J. (1996). <i>Comptabilit\u00e9 et pratiques comptables<\/i>, Dalloz, Paris.<\/p>\n<p>Ripert G. (1951). <i>Les aspects juridiques du capitalisme moderne<\/i>, Librairie G\u00e9n\u00e9rale de Droit et de Jurisprudence (L.G.D.J.), Paris.<\/p>\n<p>Schmalenbach E.(1920, r\u00e9\u00e9dition 1961). <i>Le bilan dynamique<\/i>, 1920, Dunod, Paris.<\/p>\n<p>Schmandt-Besserat D. (1989), <i>Accounting in Prehistory<\/i>, 5th congress of Accounting History, Sydney, Collected papers, A.T. Craswell.<\/p>\n<p>Segrestin B. et Hatchuel A. (2009). <i>L\u2019Entreprise, une invention moderne en attente de droit<\/i>, Entreprise et histoire, ESKA N\u00b0 57.<\/p>\n<p>Segrestin B. et Hatchuel A. (2012). <i>Refonder l\u2019entreprise<\/i>, La R\u00e9publique des Id\u00e9es, Seuil, Paris.<\/p>\n<p>Smith A. (1776, r\u00e9\u00e9dition 1976). <i>Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations<\/i>, \u00c9dition Folio Essais, Paris.<\/p>\n<p>Wardley P. (2009). <i>A Global Assessment of the Large <\/i><i>Enterprise<\/i><i> on the Eve of World War I\u00a0: Corporate Size and Performance in 1912<\/i>, Department of History, University of the West of England, 2009,Bristol.<\/p>\n<p>Williamson O. (1994). <i>Les institutions de l&rsquo;\u00e9conomie<\/i>, Paris, InterEditions.<\/p>\n<p>Zappa G. (1956<i>). Le produzioni nella Economia delle imprese<\/i>, Giuffr\u00e9, Milan<\/p>\n<div><br clear=\"all\" \/><\/p>\n<hr align=\"left\" size=\"1\" width=\"33%\" \/>\n<div>\n<p><a title=\"\" href=\"#_ftnref1\">[1]<\/a> Dans le louage d\u2019ouvrage, l\u2019ouvrier est contr\u00f4l\u00e9 sur le r\u00e9sultat qu\u2019il s\u2019engage \u00e0 fournir et non par la surveillance de sa conduite pendant la r\u00e9alisation de son travail. Il est \u00e0 distinguer du louage de service qui repose sur la subordination du travailleur \u00e0 celui qui l\u2019emploie, lui \u00f4tant toute autonomie dans la r\u00e9alisation du travail.<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p><a title=\"\" href=\"#_ftnref2\">[2]<\/a> Il est d\u2019usage courant d\u2019appeler \u00ab\u00a0th\u00e9orie statique de la comptabilit\u00e9\u00a0\u00bb cette pratique de l\u2019\u00e9valuation (Richard J., 1996).<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p><a title=\"\" href=\"#_ftnref3\">[3]<\/a> Le contrat de travail qui est fond\u00e9 sur la subordination de l\u2019ouvrier \u00e0 une hi\u00e9rarchie et sur la gestion de son activit\u00e9 par celle-ci ne sera accept\u00e9 en France qu\u2019au d\u00e9but des ann\u00e9es 1930 tout en continuant de faire d\u00e9bat encore actuellement.<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p><a title=\"\" href=\"#_ftnref4\">[4]<\/a> Les n\u00e9o-classiques, \u00e0 la fin du XIX\u00e8me si\u00e8cle, raisonnent en consid\u00e9rant que c\u2019est le facteur technologique de transformation des inputs en outputs qui explique l\u2019existe de l\u2019entreprise.<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p><a title=\"\" href=\"#_ftnref5\">[5]<\/a> Cette s\u00e9paration est \u00e0 l&rsquo;origine de la cr\u00e9ation de la Securities and Exchange Commission (SEC) aux \u00c9tats-Unis pour prot\u00e9ger les int\u00e9r\u00eats des petits porteurs.<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p><a title=\"\" href=\"#_ftnref6\">[6]<\/a> Avec les progr\u00e8s de la technologie, ce sont les managers constituant la technostructure qui prennent effectivement les d\u00e9cisions dans le cadre de la fili\u00e8re invers\u00e9e.<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p><a title=\"\" href=\"#_ftnref7\">[7]<\/a> Le Plan Comptable G\u00e9n\u00e9ral 1982 d\u00e9finissait la comptabilit\u00e9 dite g\u00e9n\u00e9rale\u00a0: \u00ab\u00a0<i>La comptabilit\u00e9 est un syst\u00e8me d&rsquo;organisation de l&rsquo;information financi\u00e8re permettant de saisir, classer, enregistrer les donn\u00e9es de base chiffr\u00e9es et de fournir, apr\u00e8s traitement appropri\u00e9, un ensemble d&rsquo;informations conforme aux besoins des divers utilisateurs int\u00e9ress\u00e9s<\/i>\u00a0\u00bb. Aucune terminologie relative \u00e0 l\u2019image fid\u00e8le n\u2019appara\u00eet dans cette d\u00e9finition.<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p><a title=\"\" href=\"#_ftnref8\">[8]<\/a> Ce \u00ab\u00a0co\u00fbt du capital\u00a0\u00bb est estim\u00e9 habituellement par le mod\u00e8le d\u2019\u00e9quilibre des actifs financiers (MEDAF) \u00e0 condition de supposer que le march\u00e9 des capitaux est efficient.<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p><a title=\"\" href=\"#_ftnref9\">[9]<\/a> Selon Ripert G. (1951), ce choix de ne pas d\u00e9finir juridiquement l\u2019entreprise s&rsquo;explique notamment par le souci de l&rsquo;\u00c9tat de d\u00e9fendre constamment l&rsquo;\u00e9pargne et les actionnaires vis-\u00e0-vis des soci\u00e9t\u00e9s frauduleuses. Depuis les ann\u00e9es 1950, la jurisprudence s&rsquo;est constamment attach\u00e9e \u00e0 d\u00e9fendre l&rsquo;actionnaire, le l\u00e9gislateur, consid\u00e9rant que les actionnaires ont abandonn\u00e9 les droits qui leur appartiennent, a cherch\u00e9 simplement \u00e0 leur \u00ab\u00a0restituer leurs pouvoirs, les d\u00e9fendre contre l&rsquo;oligarchie des administrateurs, maintenir rigoureusement l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 entre eux, leur donner le moyen de comprendre les affaires sociales\u00a0\u00bb.<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p><a title=\"\" href=\"#_ftnref10\">[10]<\/a> Cela est vrai si le mot \u00ab\u00a0capital\u00a0\u00bb est utilis\u00e9 avec le sens de \u00ab\u00a0capital technique\u00a0\u00bb, ce que ne pr\u00e9cisent pas Segrestin B. et Hatchuel A. (2009).<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p><a title=\"\" href=\"#_ftnref11\">[11]<\/a>\u00a0L\u2019\u00eele de Baffin est la plus grande \u00eele du Canada qui se situe dans l\u2019archipel arctique au sud-ouest du Groenland et au nord du Qu\u00e9bec.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>R\u00e9sum\u00e9\u00a0: alors que pendant des si\u00e8cles la comptabilit\u00e9 a enregistr\u00e9 des \u00e9changes contractuels dans un cadre personnalistique, sous l\u2019influence de Dumarchey et de ses successeurs, elle est devenue un syst\u00e8me d\u2019enregistrement des ressources et des emplois de l\u2019entreprise con\u00e7ue comme &hellip; <a href=\"https:\/\/michel.baupin.fr\/?p=109\">Continuer la lecture <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[1],"tags":[20,50,53,51,52],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/michel.baupin.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/109"}],"collection":[{"href":"https:\/\/michel.baupin.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/michel.baupin.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/michel.baupin.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/michel.baupin.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=109"}],"version-history":[{"count":7,"href":"https:\/\/michel.baupin.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/109\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":115,"href":"https:\/\/michel.baupin.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/109\/revisions\/115"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/michel.baupin.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=109"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/michel.baupin.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=109"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/michel.baupin.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=109"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}